— 199 —
droits que vous aurez à acquitter ». Vraiment, messieurs,
est-ce qu’en agissant ainsi vous faites une politique économi-
que inattaquable ?.. N’êtes-vous pas victimes d’une espèce de
mirage ? Est-ce qu’en définitive cette dévalorisation de notre
monnaie, seule cause de l’enflure artificielle des prix, ne
onstitue pas une barrière suffisante à l’importation ?
La statistique des échanges. — A quoi l’on nous répond :
Mais tout de même nos importations augmentent d’une
’açon inquiétante ; il y a des statistiques qui prouvent
qu’actuellement nous achetons beaucoup à l’étranger, et aussi
beaucoup trop cher ; il faut mettre un frein à tout cela. »
Eh bien, messieurs, j'ai regardé de près ces statistiques.
Pai constaté tout d’abord, — notamment dans l’exposé des
motifs d’un projet de loi dont nous parlerons tout à l’heure —
que l’on fait allusion à l’augmentation considérable — en
francs — de nos exportations, à l’augmentation insuffisante
— en francs — de nos exportations, mais que pour une fois
an a laissé de côté la question « tonnage ».
C’est pourtant bien instructif d’étudier la statistique des
‘onnages — et je vais vous dire pourquoi. Quand on examine
nos statistiques d’importations et d’exportations libellées en
francs-papier, il ne faut pas oublier, en effet, que les modes
d’estimation ne sont pas toujours les mêmes. Ouvrez la
statistique mensuelle des Douanes. Vous voyez, à la rubrique
importations : valeurs déclarées ; à la rubrique exportations :
valeurs arbitrées. Cela veut dire que l’administration calcule
les importations d’après les prix portés sur les factures, et le
chiffre des exportations d’après les valeurs établies périodi-
quement par la commission des valeurs en douanes. L’établis-
sement de ces valeurs demande toujours un certain délai et
laisse bien quelque place à l'arbitraire,
En somme on compare deux objets ou deux marchandises
que l’on a mesurés avec un mètre en caoutchouc. C’est pour-
quoi, lorsque nous voulons savoir quel est le mouvement de
nos importations, quoique le procédé soit un peu rudimentaire
at que bien souvent on additionne des veaux et des lapins, c’est
aux chiffres des tonnages que je préfère m’en rapporter.
Revenons donc à notre comparaison des quantités importées
en 1922 et en 1925. Nous verrons que de 1922 à 1925 nos
importations de produits alimentaires et de matières néces-
saires à l’industrie sont restées à peu près stationnaires, et
qu’en revanche nos importations de produits fabriqués sont
11. LA POLITIQUE DOUANIERE ET LES ECHANGES INTERNATIONAUX