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Les droits « ad valorem ». — Une deuxième façon d’obtenir
des droits exactement adaptés à la valeur du produit, c’est le
procédé des droits ad valorem. Rien de plus séduisant en
théorie. Dans la pratique leur application présente de très
grosses difficultés. Elles viennent d’être mises en lumière par
un récent projet ministériel qui tend à donner une nouvelle
définition de la valeur des marchandises importées.
Le projet dont il s’agit répond au souci — très légitime —
d'éviter la fraude et s’inspire de ce qui se fait dans plusieurs
pays étrangers. Il prévoit tout d’abord que les factures qui
justifient les valeurs seront certifiées par les consuls et non
plus seulement légalisées par eux. Vous voyez le malheureux
agent consulaire avec son personnel restreint, avec ses moyens
de contrôle forcément limités, obligé de certifier que le prix
d’une paire de chaussures au pays d’origine est bien
de 92 fr. 50. Non, cela ne tient pas.
On propose encore que les factures puissent être majorées
lorsqu’elles viennent d’un pays à change déprécié. Vous
importez de Tchéco-Slovaquie une caisse de vitrifications,
votre facture est réglée en couronnes, et comme en Tchéco-
Slovaquie la couronne ne vaut que 70 centimes, si vous tra-
duisez votre facture en francs, on la rectifiera d’office, et au
lieu d’avoir 700 francs de droits à payer, vous en aurez 1.000.
Si nous voulons donner aux pays à change apprécié des
verges pour nous battre, il n’y a qu’à employer ce procédé. Et
ceci nous amène à cette conclusion que l’application des droits
ad valorem soulève des problèmes trop délicats pour que nous
en puissions souhaiter la généralisation.
Le double coefficient. -— On a proposé encore le système du
double coefficient. Voici en quelques mots l’économie de ce
système : Une marchandise peut être affectée par deux causes
de fluctuation de prix : une cause monétaire et une cause
économique. La cause monétaire, vous la connaissez tous, c’est
que la livre monte ou descend, La cause économique, c’est la
raréfaction ou la surabondance des produits, la modification
des moyens de production, la loi de l’offre et de la demande,
On affecterait donc les droits afférents à chaque marchan-
dise de deux coefficients ; on ferait varier le coefficient
monétaire en fonction du change, et le coefficient économique
en fonction des autres perturbations qui peuvent se produire
sur le marché. Que de complications ! et surtout auelle
instabilité !
11. LA POLITIQUE DOUANIERE ET LES ECHANGES INTERNATIONAUX