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PTT
L’œuvre du Gouvernement était d’une effroyable difficulté,
aggravée par l'incroyable ignorance du pays en matière fon-
cière et nous sommes bien obligés de constater que si l'on
avait voulu ou pu s'inspirer des principes que nous défendions
et que nous avons rappelés dans de nombreuses circonstances,
on aurait pu ne pas descendre si bas.
Quoi qu’il en soit, le problème financier a continué en 1926
à dominer toutes les préoccupations publiques et privées et
«da surtout été présent aux esprits sous sa forme monétaire.
.Les divers aspects de ce grave problème ont été à nouveau
zxaminés par votre Société, et votre Chambre Syndicale approu-
vait, le 23 novembre 1926, un rapport qui lui était présenté
par votre Président (1). Ses conclusions en étaient simples et si
vous me le permettez je les résumerai à nouveau en quelques
lignes, car votre Société a adopté sur cette question une attitude
qui, si elle est conforme à celle de notre Chambre de Com-
merce, de la Chambre de Commerce de Lyon et de quelques
autres, n’est cependant pas, et nous sentons la gravité de cette
divergence, celle de la majorité des porte-paroles qualifiés du
Commerce et de l’Industrie de France.
Votre Chambre Syndicale a donc accepté comme prémisses
que la charge budgétaire actuelle, provenant des arrérages des
dettes et des autres engagements de l’Etat, ne pouvait être
payée en francs-or sans excéder la puissance contributive du
pays.
Mais alors que beaucoup de bons esprits tirent, de cette
constatation, la conclusion qu’il faut créer par la stabilisation
une nouvelle monnaie définitive, fixant à quatre sous, par
exemple, la valeur du franc selon la méthode belge, nous pré-
tendons, nous, tout d’abord qu’une telle faillite englobant
l'Etat et les débiteurs particuliers, n’est pas nécessaire et qu’il
suffit de gagner du temps pour laisser agir l’enrichissement
rapide des nations modernes.
Le pays savait bien, ou aurait dû savoir, que ses dettes
engageaient du capital futur, escomptaient non la misère pré-
sente, mais la prospérité à venir.
Pourquoi soudainement changer de méthode et vouloir régler
définitivement, par voie de dividende, sur la base de la valeur
liquidative actuelle ?
(1) V, Ann. vit, p. 132,