PÉRIODE DE 1865 A 1866. 445
pour toute l’Allemagne; mais outre que cet article
déclarait lui-même à la fin, par une sorte de réper
cussion des dernières controverses, que ses prévi
sions ne sauraient en aucune façon porter atteinte
à l’autonomie des nations en cause dans la sphère
de leur législation douanière et commerciale, il ne
pouvait être douteux pour aucun de ceux qui
avaient assisté à l’enfantement du traité de 1865,
que de pareilles prévisions étaient purement de
sljle et n avaient aucune espèce de portée dans l’es
prit des contractants. La vérité était, que l’Autriche
allait désormais se trouver vis-à-vis du Zollverein
dans la même situation que tous les autres États,
qui auraient passé ou passeraient avec celui-ci des
traités de commerce, en se réservant et en concé
dant par réciprocité le traitement de la nation la
plus favorisée. C’en était donc fait de cette politique
commerciale et douanière qui avait eu pour par
rains le prince de Schwarzenberg et le baron de
Bi uck et à laquelle le traité de février avait donné le
baptême! Pouravoirété édifiée sur des bases trop fra-
giles, pour avoir él6 poursuivie à l’aide de moyens
insuffisants, elle venait de recevoir du traité d'a
vril 1865 un coup peut-être mortel, dont en tout
cas elle n est pas sur le point de se relever: l’Au
triche était exclue de toute communion économique
avec le reste de l’Allemagne, en attendant même
qu’elle fût également exclue de toute communion
politique !