Metadata: L'Impôt foncier et la captation personelle sous le Bas-Empire et à l'époque franque

L'IMPOT FONCIER ET LA CAPITATION PERSONNELLE 
Dans la seconde, une décision sur le recrutement de l’armée 
adressée au préfet d'Orient, il est ordonné que les contribuables 
dont l’étendue de terre est suffisante fourniront chacun une recrue 
sans se cotiser : « Illud etiam similiter definitum est ut ii tantum a 
consortibus segregentur quorum jugatio ita magna est ut accipere 
non possit adjunctum. » Mais, si le souverain préfère demander de 
l'argent au lieu d’hommes, chaque propriétaire versera l’ « aurum 
tironicum pro modo capitationis suae*. La capitatio ne peut s’entendre. 
ici, que de la fortune foncière, ou, ce qui revient au même, 
de l'impôt frappant cette tortune. Elle semble donc finalement 
identique à la jugatio. 
On s’explique aisément que les termes caput, capitatio, dont 
l'usage est beaucoup plus étendu, aient parfois remplacé les termes 
jugum, jugatio, ou encore se soient substitués à la double désignation 
capita aut juga, capitatio aut jugatio. 
Mais l’extension même de leur sens ‘explique aussi que ces 
termes continuent à s’employer pour parler de l’antique t7ibutum 
capitis, la capitation personnelle. La conclusion naturelle de cette 
Étude aboutit à certe affirmation de la dualité, ou même de la plu- 
ralité, de signification de caput, capitatio®. Seul l’examen du contexte 
permet en chaque cas d’en fixer l’interprétation. Et toute tentative 
de réduire l’unité, le mot et la chose désignée par ce mot est vouée 
à un insuccès fatal. 
1. Cod. Theod., VII, 13, 7. Ajouter que, dans une loi destinée à rassurer les 
preneurs à bail emphytéotique de domaines impériaux qui voudraient les mettre en 
valeur en augmentant le nombre des esclaves et des troupeaux, il est déclaré que 
le bénéfice des améliorations leur appartiendra, ainsi qu’à leurs héritiers, sans 
qu'ils aient à craindre ue augmentation de capitation ou de canon : « si quid 
adjacent sumptus cura, sollertia, quiquid mancipiorum vel pecoris accreverit capita- 
tionis aut canonis augmenta non fatiatur, sed solis dominis heredibusque domino- 
rum sit cessura felicitas.…. sèd ea sola devotione fungentur quam annoraria statuti 
ceorsus publici ratione canon solennis efflagitat » (Cod. Theod., V, 14, 4). La rede- 
vance emphytéotique où canon se payant en or, l'impôt public est versé en nature 
et il est qualifié capiatio. VainementF. Thibault (p. 104-113) a-t-il nié, après Kuhn 
(Die städtische und bürgerliche Verfassung, I, p. 275), que les terres domaniales 
payassent l’impôt foncier. Ses objections à His (Die Domänen der rômischen Kaiser- 
zeit, p. 106)et à Wiart (Le régime des terres du fisc au Bas-Embire, p. 58) ont été 
réfutées par À. Piganiol (p. 53-58). 
2. Elle est reconnue, proclamée par tout le monde : « ein so abstrakter Aus- 
druck dass er auf Gegenstände aller art bezogen werden kann » dit Savigny (II, 
201), cf. Lecesne, p. 48. Zachariae (p. 16) observe que ce terme par son univer- 
salité est suscptible de quantité de sens : F. Leo (p. 157): « der Ausdruck capitatio 
ist ein mehrdeutiger » ; Piganiol (p. 64): « le terme cabita est équivogue. »
	        
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