Full text: Les questions fondamentales du marxisme

LES QUESTIONS FONDAMENTALES DU MARXISME = 55 
de son bien à lui et ne soupçonnent même pas, dans leur 
incroyable naïveté, que le Marx qu’ils « critiquent >» n’a 
rien de commun, sauf le nom, avec le véritable Marx, le 
premier n’étant que la création de leur propre incompré- 
hension qui, chez eux, est vraiment « multilatérale ». Il 
est naturel que des « critiques » de cet acabit aient été 
totalement incapables de « compléter » et de « corriger » 
quoi que ce soit dans le matérialisme historique. Aussi, ne 
nous occuperons-nous plus d’eux, préférant avoir affaire 
à ceux qui jetèrent les bases de cette théorie. 
Il importe extrêmement de remarquer que lorsque En- 
gels, peu de temps avant sa mort, répudiait la façon « au- 
tomatique > de concevoir l’action historique de l’économie, 
il ne faisait que répéter — presque dans les mêmes ter- 
mes — ef commenter ce que Marx avait écrit déjà en 1845 
dans la troisième thèse du Feuerbach reproduite par nous 
plus haut. Marx reprochait au matérialisme antérieur à lui 
d’avoir oublié que « si, d’un côté, les hommes sont un 
produit du milieu, celui-ci est, d’autre part, modifié précisé- 
ment par les hommes ». La tâche du matérialisme dans le 
domaine de l’histoire, telle que Marx la concevait, consistait 
par conséquent à expliquer précisément de quelle manière 
le « milieu >» peut être modifié par les hommes qui sont 
eux-mêmes le produit de ce milieu. Et il trouvait la solu- 
tion de ce problème en indiquant les rapports de production 
qui s’établissent sous l’empire de conditions indépendantes 
de la volonté humaine. Les rapports de production, ce sont 
les rapports qui s’établissent entre les hommes dans le 
processus social de la production. Dire que les rapports de 
production se sont modifiés, c’est dire que les rapports 
existant entre les hommes dans le processus en question 
se sont modifiés. Le changement de ces rapports ne peut 
pas s’accomplir « automatiquement », c’est-à-dire indépen- 
damment de l’activité humaine, parce que ces rapports 
sont de ceux qui s’établissent entre les hommes dans le 
processus de leur activité. 
Mais ces rapports peuvent se transformer — et se trans- 
forment en effet très souvent — dans une direction tout 
autre que celle dans laquelle les hommes voudraient les 
modifier. Le caractère de la « structure économique » et le 
sens dans lequel ce caractère se transforme ne dépendent 
pas de la volonté humaine, mais de l’état des forces 
productives et de la nature même des changements qui se
	        
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