LE TRAITÉ DE BERLIN.
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parrain de l’enfant. La situation du prince Ferdinand se
consolida d’année en année, et en septembre 1908, il put
solennellement proclamer, dans la vieille capitale de Tir-
novo, l’indépendance de la Bulgarie, consécration de la
renaissance de son peuple.
La guerre de 1877 a ainsi préparé à la question d’Orient
une solution que personne n’eût prévue il y a un siècle. La
succession de l’empire ottoman paraissait alors réservée à
l’Autriche et surtout à la Russie. Dès lors elles peuvent
bien enserrer la péninsule balkanique, l’une par la Bosnie,
l’autre par la Bessarabie, et peser de toute leur influence
sur leurs destinées. Mais entre elles et Constantinople se
sont élevées des nationalités nouvelles, auxquelles le traité
de Berlin, par le jeu des compétitions entre les grandes
puissances, bien plus que par l’inspiration d’une louable
générosité, a donné le droit de vivre. Comme les Turcs se
sont fatigués de l’action de l’Europe, les Etats chrétiens,
avides d’indépendance parce qu’ils ont été longtemps oppri
més, prétendent grandir et prospérer par leurs seules
forces. Ils ont déjà commencé à réagir contre la protection
intéressée des grandes puissances voisines. Y échapperont-
ils tout à fait ? L’Europe trouvera sans doute encore, dans
l’antagonisme des musulmans et des chrétiens, des Grecs
et des Slaves, des Slaves entre eux, des prétextes à inter
vention diplomatique. Les questions de frontières qui les
séparent, n’ayant d’intérêt que pour eux, semblent pourtant
être moins capables qu’autrefois de troubler la paix géné
rale.
OUVRAGES A CONSULTER
A. Leroy-Beaulieu, La politique russe et le panslavisme ;
Revue des Deux-Mondes (1876).
J. Klaczko, Deux chanceliers, Gortchakofet Bismarck.
E. Simon, Histoire du prince de Bismarck ; — H empereur
Guillaume
J. Klaczko, Le Congrès de Moscou et la propagande pans-
laviste : Revue des Deux-Mondes, 1" septembre 1869.
E. DE Laveleye, La nouvelle politique de la Russie : Revue
des Deux-Mondes, 15 novembre 1871.
Rustow, La question d’Orient.