XII
de tout cœur en faveur d’une classe de gagne-petit, dont
les positions sur le champ de bataille économique sont
les plus menacées, les plus périlleuses. Depuis 1922, en
notre qualité de secrétaire de l’Association des Epiciers
suisses, nous avons eu maintes fois l’occasion, par la
plume et la parole, dans des articles de journaux com-
me dans des conférences contradictoires, de défendre la
cause du petit commerce. Nous avons entendu et lu tant
de reproches à l'adresse des intermédiaires, tant de
louanges ou... de sottises, que l’idée nous est venue de
les consigner, un jour, dans un livre. C’est ce livre que
nous présentons aujourd’hui au public,
Certes, nous n’avons pas caché nos sympathies. Nous
n'avons pas mis notre drapeau dans notre poche. Nous
ne nous sommes pas gêné d’épouser la cause de ces
milliers de petits commercants, de cette classe moyenne
qui, comme le disait M. Musy, président de la Confédé-
ration suisse, est « l’épine dorsale de la nation ». Mais,
nous n’avons pas craint de signaler aussi, dans cet ou-
vrage, les côtés faibles du commerce intermédiaire, Ce
faisant, nous voulions rendre service aux détaillants
eux-mêmes ou à ceux qui veulent le devenir. Enfin,
nous nous sommes efforcé de rester très objectif dans
toutes les pages où nous devions parler de nos adver-
saires économiques, sociétés coopératives de consom-
mation, sociétés à succursales, etc. Ces adversaires, nous
les connaissons. Nous nous. trouvons souvent face à
face. Mais, si nous sommes obligé de lutter contre eux,
pomme eux sont obligés de lutter contre nous, cela ne
nous empêche pas de les estimer et de respecter leurs
opinions. Mieux encore, nous nous honorons de comp-
ler parmi eux des amis. Notre intention, en écrivant cet
ouvrage, n'était pas de faire œuvre de polémiste. Si, ici
ou là, le secrétaire de l’Association des Epiciers suisses
laisse poindre le bout de l’oreille, le lecteur — et surtout
nos adversaires économiques — voudront bien nous en