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CHAP. IX. — DES IMPOTS SUR LES PRODUITS NATURELS. I%X 
fits, et les capitaux iraient chercher un emploi plus avantageux*. 
Pour ce qui regarde donc l’impôt sur les produits agricoles, qui 
est 1 objet en question, il me paraît qu’entre la hausse du prix de ces 
produits et celle des salaires, il ne saurait y avoir un intervalle pen 
dant lequel le travailleur se trouve en détresse ; et je pense par con 
séquent que la classe ouvrière ne souffrirait pas plus de cet impôt que 
de tout autre; la seule chose à craindre serait que l’impôt n’entamât 
les fonds destinés à l’entretien des ouvriers, ce qui pourrait suspendre 
ou diminuer la demande de bras. 
Quant à la troisième objection contre les impôts sur les produits 
agricoles, objection fondée sur ce que la hausse des salaires et la di 
minution des profits s’opposent à l’accumulation du capital, comme 
le ferait un sol ingrat, j’ai déjà essayé de prouver, dans une autre 
partie de cet ouvrage, que les économies peuvent tout aussi bien se 
faire sur la dépense que sur la production, et par une baisse dans la 
valeur des denrées aussi bien que par une hausse dans le taux des 
profits. En élevant mes profits de 1,000 1. à 1,200 1., pendant que les 
prix restent les mêmes, j’ai le moyen d’augmenter mon capital par des 
épargnes ; mais je l’augmenterais bien mieux si mes profits restant les 
mêmes que par le passé, le prix des denrées baissait au point qu’il 
me suffît de 800 1. pour payer ce qui me coûtait auparavant 1,000. 
L impôt, sous quelque forme qu’il soit assis, n’offre le choix 
qu entre plusieurs maux. S’il ne porte pas sur les profits, il frappe 
eut tre M. Ricardo ne tient-il pas assez de compte de la difficulté que les 
capi aux ont, ans beaucoup de cas, pour changer d’emploi. Un très-grand nom- 
re entrepreneurs d industrie ( et par cette expression j’entends ceux qui ein- 
p oient soit dans I agriculture, soit dans les manufactures, soit dans le commerce, 
es capitaux qui appartiennent soit à eux-mêmes, soit aux autres) ; un grand 
nom re d entrepreneurs d’industrie sont obligés de faire marcher leurs capitaux 
avec eux, c est-à-dire de les laisser dans l’emploi où ils restent eux-mêmes. L’a- 
gricu ture d un canton a beau devenir moins avantageuse à ceux qui l’exercent 
que ne le serait toute autre profession, ils n’en restent pas moins agriculteurs, 
parce que telles sont leurs habitudes, tels sont leur expérience et leurs talents. 
n en peut ire autant d un manufacturier. Or, si cet homme reste manufactu 
rier ou cultivateur, il laisse dans son genre d’industrie les capitaux qui marchent 
nécessairement avec lui, c’est-à-dire ceux qui lui appartiennent, et même les 
capitaux d’emprunt. Relativement à ceux-ci, il en paie bien toujours l’intérêt, 
mais il n y fait point de profit par delà les intérêts ; il peut même en tirer moins 
e profit qu il n en paie d’intérêts, sans cependant interrompre durant de noni- 
reuses années une entreprise qui, à capital égal, à mérite égal dans son tn- 
trepreneur, rapporte moins que beaucoup d’autres entreprises. — J.-B. Say.
	        
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