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Des difficultés sont soulevées de nature à entraver l’exécution
de la loi cependant votée, et contre elle on renouvelle les objec-
tions antérieures à son adoption.
Je vois à l'horizon de nombreuses résistances, ce qui fait que
je vais devant vous discuter les objections qui depuis longtemps
ont été faites contre la clause compromissoire et réapparaissent
aujourd’hui sous forme d’opposition, peut-être même d’obstrue-
tion. Ce sera mon premier chapitre. Le second consistera dans
la discussion des critiques auxquelles la loi nouvelle dont je
suis l’auteur ou le coupable est déjà soumise quant à son
exécution pratique.
Enfin, et ce sera le troisième chapitre, si vous le voulez bien,
nous examinerons de concert — non pas que j'aie la prétention
de vous donner des conseils —, je pourrais plutôt ici en rece-
voir — quelle est l’organisation pratique que nous devons
assurer sans retard, et je m’expliquerai tout à l’heure sur ces
mots : « sans retard » à la clause compromissoire enfin
devenue valable.
Mais, au seuil de ces explications, je tiens en une sorte de
déclaration liminaire, à bien affirmer qu’à aucun moment
l’auteur de la loi n’a pensé donner à la clause compromissoire
un caractère d’obligation ou à lui imprimer la nature d’un acte
forcé. La clause compromissoire est une décision libre que les
parties prennent ou ne prennent pas avec cette seule différence
sur ce qui se passait autrefois, qu’à partir de l’instant où, d’un
commun accord, on aura, librement, je le répète, volontaire-
ment, consenti à saisir des arbitres des difficultés futures, les
signatures seront valables et indiscutables ; on n’en pourra
plus, comme. par le passé, invoquer la nullité grâce à
l’article 1006 du Code de Procédure Civile.
Je vais aussi — dès l’abord — relever une critique que je ne
crois pas fondée, en vertu de laquelle ce seraient les grandes
sociétés, les gros capitalistes. (Sourires)… qui auraient tout
l’avantage de l’arbitrage commercial.
Messieurs, nous ne sommes pas ici pour faire de la politique,
Dieu nous en garde, cette séance pourrait peut-être mal finir.
{Sourires).…, je suis bien convaincu, au contraire, que nous
nous retirerons tous, conservant cette estime mutuelle qui se
dégage constamment de vos utiles réunions.
Mais, à l’heure où nous sommes, quand un homme a le sen-
timent des nécessités de la situation, il ne doit pas s'attacher
à une réforme et nous autres, hommes d’affaires qu’on critique
souvent si injustement, nous ne devons pas la poursuivre si
9. LA CLAUSE COMPROMISSOIRE