Full text : La Hongrie de l'Adriatique au Danube

348

LA  HONGRIE,  HE  L’ADRIATIQUE  AU  UANUIIE.

dans  son  admiration,  un  légat  du  Pape  s’écriait  :  «  C’est  le  paradis  terrestre! ­
  »
Visegrad  avait  commencé  de  devenir  une  demeure  princière  sous  Robert
d’Anjou,  fils  de  Charles  Martel,  à  qui  la  Hongrie  divisée  avait  offert  le
trône.  Quand  ce  prince  épousa  eu  troisièmes  noces  une  belle  et  jeune  Polonaise, ­
  Élisabeth,  la  cour  de  Visegrad  brilla  d’un  vif  éclat.  Mais  ce  fut
sous  le  règne  de  Louis  I er ,  fils  de  Robert,  que  Visegrad  entra  dans  sa
période  la  plus  florissante.  Alors,  de  tous  côtés,  accoururent  à  la  cour  du
roi  de  Hongrie  des  artistes  qui  firent  de  cette  résidence  royale  une  chose
merveilleuse,  comme  le  furent  plus  tard  Versailles  et  Potsdam,  et  comme
l’avait  été  P  Alhambra.
Le  château  renfermait  trois  cent  cinquante  chambres;  deux  rois  avec  leur
suite,  plusieurs  ducs  et  margraves  étrangers  pouvaient  s’y  loger  à  1  aise
avec  leurs  gens.  Et  sur  tous  les  sommets  des  montagnes  d’alentour  s’élevaient ­
  des  châteaux  splendides,  des  églises  superbes,  des  pavillons  de  plaisance ­
  au  milieu  des  massifs  d’arbres  et  de  verdure.  Quand  Charles  Robert
reçut  les  rois  de  Bohême  et  de  Pologne,  ce  ne  furent  que  fêtes  et  festins.
On  vida  cent  quatre-vingts  barriques  de  tokay.  Et  quand  le  roi  de  Bohême
quitta,  en  titubant  sans  doute,  la  table  du  château  de  Visegrad,  son  hôte
lui  fit  remettre  cinquante  pièces  de  vaisselle  d  argent,  un  jeu  d’échecs  d’un
travail  sans  prix,  plusieurs  selles  richement  ornées,  une  coupe  d’or  ciselée, ­
  un  poignard  au  manche  orné  de  diamants  et  de  perles.  Tous  les  seigneurs ­
  polonais  furent  aussi  comblés  de  présents.
Les  jardins  de  Visegrad  étaient  célèbres  dans  l’Europe  entière.  Il  s’y
donnait  des  tournois  auxquels  accourait  la  noblesse  de  tous  les  pays.
Sous  Mathias  Gorvin,  le  Charlemagne  magyar,  la  résidence  de  Visegrad
fut  encore  agrandie  et  embellie.  De  majestueuses  allées  d’arbres  conduisaient ­
  de  la  ville  au  château  royal,  et  les  collines  environnantes  avaient  été
transformées  en  jardins,  en  vignobles  et  en  vergers.  Mathias  avait  fait
ériger  une  fontaine  en  marbre  rouge,  dans  laquelle,  au  lieu  d’eau,  coulait
souvent  du  vin.
Après  la  mort  de  Mathias,  la  décadence  commença  pour  Visegrad.  En
1529,  Soliman  s  empara  de  la  ville,  du  château  royal  et  de  la  forteresse,  et,
jusqu’en  1684,  1  ancienne  résidence  des  rois  de  Hongrie  resta  entre  les
mains  des  infidèles.
Visegrad  disparaît  à  son  tour  derrière  un  coude  du  fleuve;  le  paysage
change  et  prend  une  verte  et  tendre  fraîcheur  d’idylle  :  aux  rochers  désolés,
aux  gorges  abruptes,  succèdent  des  plaines  riantes,  des  prés  et  des  vergers
            
Waiting...

Note to user

Dear user,

In response to current developments in the web technology used by the Goobi viewer, the software no longer supports your browser.

Please use one of the following browsers to display this page correctly.

Thank you.