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réadaptation et d’hésitation et que, dans son ensemble, l’écono-
mie du pays n’était pas profondément touchée. Il est trop tôt
encore pour juger cette appréciation mais déjà des symptômes
apparaissent qui nous confirment dans notre manière de voir.
Sans doute, il nous faut renoncer aux illusions de Penrichis-
sement facile, sans doute cette remise au point de l’optique de
la nation révèlera quelques maux profonds, mais les outils
restent au bon ouvrier qu’est l’industriel ou le commerçant
français et le capital qu’il a consommé dans les illusions moné-
laires où l’incroyable aveuglement de l'opinion l’a maintenu
en quelque manière de force, il le reconstituera promptement
par les mêmes qualités qui l’avaient formé : l’économie, le tra-
vail, l’esprit d’entreprise, décuplées d’effet en vitesse et puis-
sance par les progrès de la technique.
Une menace, cependant, Messieurs, d’où peut sortir la ruine
de ces belles espérances. Nous manquons d’esprit corporatif.
Ce n’est plus isolément que l’on peut agir sur les éléments
matériels et moraux. Sans l’effort en commun qui seul apaise
les jalousies et les craintes de favoritisme, sans l’effort en
commun qui permet à vos Groupements de parler au nom de
portions notables de la vie nationale, sans l’effort en commun
Jui permet l’organisation féconde, l’étude, la création et l’usage
de collaborations impossibles.à chacun, c’est l’opinion et l’Etat
laissés à l’influence de l’ignorance et du parti-pris et ce peut
être demain le faux pas, l’erreur économique mortelle et la
ruine par l’extérieur de tant de cellules qui, trop préoccupées
de leur vie propre, ont négligé les nécessités de la vie commune.
Oui, certes, cette vie corporative entraîne des sacrifices
apparents, le temps est rare, quelque argent semble dépensé
èn vain quand il l’est sans intérêt immédiat et visible. Mais
ces sacrifices sont nécessaires et vous méditerez, Messieurs, ces
lortes paroles de l’un des plus grands Groupements Français :
« Il faut bien constater que trop nombreux sont ceux qui
« s’affranchissent de toute obligation de vie corporative. Ils
« croient qu’un égoïsme étroit est la suprême habileté, ils bor-
« nent leurs vues et emploient toute leur activité aux seuls
« profits personnels et immédiats, sans songer qu’ils fournis-
sent ainsi le meilleur argument aux théoriciens qui concluent
à l’inutilité du patronat.
« La période qui commence ne s’écoulera dans la paix
« sociale que si les dirigeants, et par ce mot nous entendons
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