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A. RÆDER
pliquer l’absence complète de mention des Romains. L’une des deux
raisons que Holleaux invoque en faveur de son système, à savoir
que l’inscription doit être plus récente que 146, parce que, en con
sidération de la Ligue béotienne, il serait inexplicable que deux villes
béotiennes fussent aller chercher des arbitres au dehors pour trancher
leurs différends, a cependant moins de poids. La Ligue béotienne
fut dissoute pendant la guerre de Persée avec les Romains en l’an
171. 1 Quand on admet qu’elle fut aussitôt après rétablie, on se
base sur Pausanias. 2 Mais il y a cependant de sérieuses raisons de
croire qu’elle ne fut pas rétablie avant l’époque romaine. 3 Et même
si la Ligue fut rétablie après 168, les deux villes pouvaient régler
leurs relations de la manière indiquée ; comme nous le verrons plus
loin, on s’organisait souvent de cette manière, à cette époque, dans
d’autres ligues semblables. Le dialecte employé nécessite cependant
la fixation de cet arbitrage après la guerre avec Persée, par consé
quent vers l’an 150. Cette fixation est encore confirmée par une
inscription trouvée plus récemment, qui sera traitée immédiatement 4 ,
et qui traite d’une autre affaire d’arbitrage, où Akraiphée était
partie.
En même temps que l’inscription dont nous parlons, et en partie
au même endroit, on a trouvé une autre inscription qui contient
aussi un décret honorifique d’Akraiphée en l’honneur de Larisse et
de juges envoyés par elle. 5 Le fragment conservé de l’inscription
ne permet pas de conclure s’il s’agissait d’un arbitrage entre Akrai
phée et des voisins, ou s’il s’agissait de juges de Larisse devant
trancher des difficultés intérieures au sein de la ville en question ;
dans ce dernier cas, elle n’aurait rien à faire avec notre sujet.
Ce qui a été conservé de l’inscription ne vise que les témoi
gnages honorifiques décrétés en faveur des trois juges et du secré
taire.
1 Polybe XXVII, 2, 10. - 2 VII, 16, 9. - 8 Niese 1. c. III 314'. G. Fougères,
Daremberg et Saglio III, 1, p. 835. - 4 n° LXXI. - 5 Bull. d. corr. hell. XIV,
P 44 et ss. Inscr. Gr. IX, 1, n° 4131.