LE PÉROU ÉCONOMIQUE
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l’Etat n’a pas su tirer parti ; rien n’ayant été fait pour les
conserver, ils se trouvent dans un état déplorable. Beau
coup sont en ruines, et quelques-uns ont fait l’objet de
procès aujourd’hui couverts par la prescription.
Malgré cette décadence, les ecclésiastiques péruviens
possèdent encore dans la république, nous l’avons dit,
une influence considérable. Dans certaines régions éloi
gnées, telles que la Montana, dans la Sierra, leur pouvoir
est presque aussi grand que jadis, ce qui s’explique assez
naturellement. Avant même les autorités laïques, les
pacires ou curés de ces contrées en sont les véritables
gouvernants, presque seuls ils ont une influence morale
sur leurs ouailles.
Malgré l’état social nouveau, les actes de l’état civil
leur appartiennent comme autrefois. A différentes reprises
le gouvernement voulut instituer un registre de l’état-civil,
il échoua toujours dans ses tentatives, car on ne peut
compter comme un progrès réel la loi votée en dé
cembre 1897 par le Congrès établissant un registre de
l’état civil où seraient enregistrés les mariages célébrés,
dans la République, entre non catholiques. De cette façon,
les sentiments religieux du pays n’étaient pas blessés.
IV. — La condition légale des étrangers au Pérou est
la même que dans la République Argentine, au Brésil
et au Chili. Tous les étrangers sont accueillis avec la
plus grande sympathie, particulièrement dans les centres
populeux. Leurs droits, comme de juste, sont respectés,
ainsi que leurs relations civiles qui sont protégées par
les lois.
Ils peuvent voyager sur tout le territoire avec la même
facilité et la même liberté que les fils du pays ; comme
ces derniers ils peuvent invoquer la garantie de YHabeas
corpus.