172 LE PROBLÈME DE LA MARINE MARCHANDE.
par la navigabilité de la Loire, les houilles de l’Ailier et de
la Nièvre, et celles non encore exploitées de la Vendée,
viendront y concurrencer le charbon anglais. Le minerai de
Châteaubriant — qui part tous les mois en quantités consi
dérables pour les hauts fourneaux de la Westphalie — finira
par être traité sur place. Nantes et Saint-Nazaire auront
ainsi à leur porte l’aliment principal de l’industrie navale,
avec un personnel tout prêt pour en tirer profit.
Les forges de Trignac, voisines de Saint-Nazaire, produi
sent en moyenne 4oo,ooo (juintaux de rails d’acier, 310,000
quintaux de tôles, 180,000 de fonte brute, 110,000 de lin
gots d’acier, 76,000 de fers en barre et 5o,ooo de cornières
et de profilés d’acier. Elles emploient plus de 2,000 ouvriers.
Les usines de Basse-Indre occupent 700 ouvriers et produi
sent annuellement 15,000 tonnes de fers-blancs, de fers et
d’aciers laminés ou martelés. Les fonderies et laminoirs de
Couëron traitent, avec leurs 800 ouvriers, 26,000 tonnes
de matières premières. Les fonderies nantaises sont réputées
pour la perfection de leur travail. L’éducation industrielle
de cette région est donc complète et la production toute
organisée.
Quant aux ouvriers spécialistes de la construction navale,
les chefs d’établissement s’accordent, on l’a vu, à proclamer
la facilité de leur recrutement. Nombreux sont les briêronsQ')
désireux de s’embaucher dans les chantiers ! La vie indus
trielle exerce sur eux une telle attirance qu’ils n’hésitent
pas, si le travail vient à manquer dans le centre nantais et
nazairien, à chercher, au loin, de l’embauche, si bien qu’on
rencontre des riveurs, des charpentiers-tôliers, des méca
niciens nantais un peu partout, à Dunkerque comme à Bor
deaux et à La Seyne.
I. Habitants de la Grande-Brière, immense tourbière qui fut, dit-on, jadis l’embou-
chure de la Loire et où on a souvent rêvé de creuser un vaste port de guerre.