458 L ALLEMAGNE ÉCONOMIQUE,
que nófasle autant qu’arriérée qui courbait docilement
sous le joug de la Ligue des nations entières,
heureuses de pouvoir se reposer sur elle du soin de
leurs approvisionnements et du placement de leurs
vulgaires produits. Mais, quand de nouvelles routes
maritimes eurent étédécouvertes, quand les nations
modernes eurent surgi avec leur soif d’indépendance,
leur vitalité propre, leur force matérielle
capable de secouer la loi étrangère, il fallut bien
que cette fameuse association fît son deuil du monopole,
qui avait jusque-là fait sa fortune, et que
les principales villes, qui la composaient, et qui
continuèrent à porter son nom, songeassent à soutenir
la lutte par des moyens plus appropriés aux
changements survenus. C’est ce qui fut fait aussi, de
façon que, désintéressées plus ou moins complètement
durant le dernier siècle dans les querelles des
puissants, ces villes y étaient parvenues, malgré les
restrictions que l’Angleterre imposait au tratic des
neutres en temps de guerre, à conserver un commerce
florissant avec toutes les parties du monde.
Comment d’ailleurs en eût-il pu être autrement de
citésprédestinées en quelque sorte par leur situation,
à servir presque exclusivement d’agents de transmission
aux produits de l’activité et de 1 industrie
allemandes dans leur route vers les centres de consommation
extérieurs, et à devenir d autre part les
réservoirs, où affluaient les denrées coloniales pour
tout le nordet une partie du centre del Allemagne.