CHAP XV. — OES IMPOTS SUR LES PRODUITS. 181
directement, il contribuerait pourtant d’uiic manière indirecte au
paiement de la contribution.
Mais su])posons que les profits du fermier soient également impo
ses. Dans ce cas, i] se trouvera dans la même position que les autres
commerçants ; ses produits agricoles hausseront, et il aura le même
revenu en argent après avoir payé l’impôt; mais il paiera plus cher
toutes les marchandises de sa consommation, v compris les produits
du sol.
Son propriétaire, cependant, se trouvera dans une position dif
férente. L’impôt mis sur les profits de son fermier lui sera profita
ble; car il se trouvera indemnisé du prix plus élevé qu’il sera
ehligé de donner pour les marchandises manufacturées dont il a
besoin, dans le cas où elles hausseraient de prix; et il jouira du
meme revenu en argent quand, par l’effet d’une hausse dans la valeur
de la monnaie, les denrées reviendront à leur ancien prix. Ln impôt
sur les profits du fermier n’est pas une contribution proportionnée
au produit brut de la terre; il est assis sur son produit net, la rente,
les salaires et les autres charges étant acquittés. Comme les cultiva
teurs des différentes espèces de terres, n" I , n“ 2 et n» 3, emploient
précisément des capitaux pareils, ils auront exactement les mêmes
profits, quelle que soit la quantité de produit brut que l’un puisse
obtenir de plus que les autres; et par conséquent ils seront tous
imposés sur le même pied.
Supposons (pie le produit brut de la terre de la qualité ii» I soit de
cent quatre-vingts cpiartcrs, celui du n" 2 de cent soixante-dix quar
ters et celui du n" 3 de cent soixante. Si chacune est imposée à dix
quarters, la différence entre le produit du n“ 1, du n» 2 et du n“ 3
l’impôt acquitté , restera la même qu’auparavant; car si le n» 1 est
réduit à cent soixante-dix, le n» 2 à cent soixante et le n» 3 à cent
Cinquante quarters, la différence entre le n° 3 et le n“ f sera
* «»paravant , de vingt quarters, et celle entre le u* 3 et le
aiitrp« r!' ' Z ‘•‘'•a , le prix du blé et de toutes les
en «r /r tr qu’aupara\ant, les rentes en nature ou
dp 1 ? «^Pr'^Rveraient aucune variation ; mais si le prix du blé et
outes les autres denrées haussait par suite de l’impôt, les rentes
, . ^ aiisseraicnt alors dans la même proportion. Si le blé vaut
mo*t blé haussait de 10 pour cent, e’cst-à-dirc , s’il
vin*^t^*^ à 4 I. 8 scb., la rente s’élèverait de même de 10 pour cent ; car
quarters de blé vaudraient alors 88 I., et dix eu vaudraient