CH XXI. - DES PROFITS ET DE L’INTÉRÊT DES CAPIT.\UX. 277
qu’il ne porte que 4 1. 11 sh. 3 d. d’intérêt annuel. L’un de ces effets
rapporte à l’acheteur, aux prix mentionnés, un intérêt de 5 ^ pour
cent; l’autre ne rapporte que 4 j. Les banquiers ont besoin d’une
certaine quantité de ces billets d’échiquier, comme offrant un place
ment sûr et négociable. Si leur quantité dépassait de beaucoup cette
demande, ils se trouveraient aussi bas que les 5 pour cent. La rente à
3 pour cent par an aura toujours, comparativement, un prix plus haut
<iue celle à 5 pour cent; car le principal de l’une comme de l’autre ne
peut être remboursé qu’au pair, c’est-à-dire, en donnant 100 1. st.
en argent ponr 100 1. st. de capital en rentes. Le prix courant de l’in
térêt sur la place peut tomber à 4 jmur cent, et, dans ce cas, le. gou
vernement rembourserait au possesseur des 5 pour cent son capital
au pair, à moins qu’il ne consentit à recevoir 4 pour cent, ou un inté
rêt au-dessous de 5 pour cent. Le gouvernement ne retirerait aucun
avantage de rembourser ainsi le possesseur des 3 pour cent, tant que
le taux courant de l’intérêt ne serait pas descendu au-dessous de 3
pour cent par an.
Pour payer les intérêts de la dette nationale, l’on retire quatre fois
par an, et pendant ])eu de jours, de grandes sommes de monnaie de la
circulation. Ces demandes de monnaie, n’étant que tcm])oraires, ont
rarement de l’effet sur les prix ; elles sont, en général, remplies moyen
nant le j)aiement d’un taux plus élevé d’intérêt L
' « Toute espèce d’emprunt public, dit IM. Say a l’inconvénient de retirer
» des usages productifs des capitaux ou des portions de capitaux pour les dévouer
» à la consommation ; et de plus, quand ils ont lieu dans un imys dont le goU'
» vernement inspire peu de confiance, ils ont l’inconvénient de faire monter
»'l’intérêt des capitaux. Qui voudrait prêter à 5 pour cent par au à l’agriculture,
» aux fabriques, au commerce, lorsqu’on trouve un emprunteur toujours prêt à
» payer un intérêt de 7 à 8 pour cent? Le genre de revenu qui se nommeproyii
» des ca/)i7aMa/s’élève alors aux dépends du consommateur. La consommation se
» réduit par le renchérissement des produits, et les autres services productifs
» sont moins demandés, moins bien récompensés; la société, les capitalistes ex-
» ceptés, souffre de cet état de choses. » A la question, « qui voudrait prêter à
»5 pour cent par an à l’agriculture, aux fabriques, au commerce, lorsqu’on
» trouve un emprunteur toujours prêt à payer un intérêt de 7 à 8 pour cent ? » je
réponds : tout homme prudent et sensé. Parce que le taux de l’intérêt est à 7 ou 8
pour cent là où le prêteur court un risque extraordinaire, y a-t-il une raison pour
qu’il soit aussi haut dans les endroits où les prêteurs sont à l’abri de pareils ris
ques? M. Say convient que le taux de l’intérêt tient à celui des profits; mais il u«
s’ensuit pas que le taux des profits dépende du taux de l’intérêt ; l’un est la cause,
l'autre l’effet, et il est impossible que des circonstances quelconques puissent les
faire changer de place. (Sote de l Àuleur-J
* Écoiiotn poliliq. liv. III, cliap. 9.