CHAP. XXVII. - DE LA MüMMAlE ET DES BANQUES.
Si l’on rélléchit à l’opinion des directeurs de la banque sur les rè
gles qui gouvernent les émissions de papier, on verra qu’ils n’ont
usé de leur privilège qu’avec discrétion.
(les affaires de la banque qui fut rendu public, et jointe à l’emploi de ses billets
dans les paiements publics, prévint toute interruption dans leur circulation; et,
grâce à la modération qui présida aux émissions, ils continuèrent pendant trois
ans à être parfaitement équivalents à l’or.
» La première baisse dans la valeur des billets de banque comparés à l’or coni-
men(;;a vers la lin de 1800. Les faibles récoltes de cette année amenèrent une ex
portation considérable de métaux précieux ; mais au lieu de diminuer leurs émis
sions, comme le leur ordonnaieiit les vrais principes, et comme ils eussent été
obligés de le faire dans le cas où ou leur eût imposé l’obligation de payer en ar
gent, les directeurs ajoutèrent encore à la quantité de leurs billets existants, et
la conséquence immédiate fut que ceux-ci subirent une dépréciation de 8 pour
100 comparés avec l’or. Mais bientôt après ils reprirent leur valeur; et de 1803
â 1808 inclusivement, ils n’offraient plus qu’un escompte de 2 livres 13 sch. 3 de
niers pour 100. Lu 1809 et 1810 cependant, les directeurs parurent avoir méprisé
tous les principes qui avaient jusque là gouverné leurs émissions. La quantité
moyenne de bank-notes en circulation, qui n’avait jamais dépassé 17 millions l /2,
ni été au-dessous de IG millions 1/2 dans aucune des années de L802 à 1808 inclu
sivement, s’éleva eu 1809 à 18,927,833 livres, et en 1810 à 22,541,523 livres. Les
émissions des banques de province s’accrurent dans un rapport entire plus grand,
et comme il ne se manifesta pas un dévelopjvement relatif dans les affaires du
pays, l escompte sur les bank-notes s’éleva, de 2 liv. 13 sch. 2 deniers vers le
commencement de 1809, à 13 livres 9 schelliiigs G deniers en 1810. Cette chute
extraordinaire dans la valeur du papier comparée à celle de l’or, jointe comme
e e IG fut à une baisse égale dans le change, excita au plus haut point l’attention,
et eu évrier 1810, un comité de la Chambre des communes fut désigné pour re
chercher les causes du haut prix des lingots d’or, et de l’état du change. Le co-
imté consulta plusieurs négociants et banquiers, et son rapport, principalement
ré igé par M. I-rancis Horner, renferme une habile réfutation des chiffres et des
doctrines posés par ceux qui soutenaient (|ue la baisse du change et le haut prix
des lingots devaient être entièrement attribués à nos dépenses au dehors et à
état spécial de nos relations avec les autres puissances, et ne tenaient nullement
aux quautitéîs additionnelles de papier (¡ui étaient venues grossir la circulation.
' «a Chambre des communes refusa de sanctionner le projet par lequel le
comité invitait la banque à reprendre ses paiements en espèces au bout de deux
ans. Aussi, en mai 1811, é{)oque a laquelle les guinées emportaient couramment
utie prime, et où les bank-notes éprouvaient un escompte avoué,de plus de 10
|)our 100 comparés aux lingots d’or, la Chambre des communes adopta, à une
grande majorité, la résolution proposée par M. Vansittart (actuellement lord
C’v ey), déclarant que les engagements de la banque d’Angleterre av aient été jus
qu a ors, et étaient encore en ce moment considérés dans .l’opinion publique
(omnie équivalents à la monnaie légale du royaume.
“ ette résolution, tellement extraordinaire qu’elle était contraire au simple