Full text : Oeuvres complètes

ESSAI  .SUH  L’lNFLÜtNCE  DL  BAS  BKIX  DES  BLÉS.  5C3
rait  à  la  uatioii  des  sacrilices  Dieu  supérieurs  aux  bénéíices  que  les  1eriuiers
  pourraient  eu  recueillir;  mais  il  serait  juste  cependant  d  étal)lir
pendant  quelques  années  des  droits  restrictils  sur  1  importation  des
céréales.  On  déclarerait  qu’au  bout  de  ce  temps  le  commerce  du  blé
serait  libre,  et  que  les  quantités  importées  seraient  soumises  seulement
à  un  droit  égal  à  celui  que  l’on  ¡Mourrait  juger  convenable  d’imjioser
au  blé  de  notre  propre  territoire  *.
M.  Maltlius  est  évidemment  dans  le  vrai  quand  il  dit:  «  Si  seule*
»  meut  I  on  étendait  au  loin  les  brillantes  méthodes  appliquées  actuel-»
  lement  a  la  culture  de  quelques  parties  de  la  Grande-Bretagne;
»  si  par  une  accumulation  progressive  et  par  une  distribution  plus
»  équitable  du  capital  et  de  l’art,  on  ramenait  toute  la  surface  du
»  pa)s  aux  avantages  naturels  du  sol  et  de  sa  situation  topograpbi-»
  que,  la  masse  des  produits  supplémentaires  serait  immense  et  sulli-*>
  rait  iKiur  alimenter  un  très-grand  surcroît  de  population.
Cette  ré  Ilex  ion  est  vraie  et,  de  plus,  éminemment  consolante.  Elle
montre  que.  nos  ressources  sout  loin  d’être  épuisées  et  que  nous  pouvons
prétendre  u  un  développement  de  prospérité  et  de  richesse  bien  supérieur ­
  a  celui  de  tous  les  peuples  qui  nous  ont  précédés.  Mais  ces  résultats ­
  ¡»cuvent  se  réaliser  egalement  dans  un  système  d’inqmrtatiou
et  dans  un  système  de  restriction,  la  seule  dillérence  éclatera  dans
la  rapidité  de  leur  marche,  et  rien  ne  s'oppose  à  œ  que  nous  profitions, ­
  à  chaque  phase  de  notre  vie  nationale,  de  l’ensemble  des  avantages ­
  qui  nous  sont  oü'erts  ;  rien  ne  s’oppose  à  ce  que  nous  utilisions ­
  notre  capital  de  manière  à  nous  assurer  les  plus  riches  résultats.
M.  Malthus  a,  comme  je  l’ai  déjà  dit,  comparé  la  terre  à  une  grande
réunion  de  machines  susceptibles  a  la  lois  d’être  incessamment  perfectionnées ­
  par  les  ellorts  directs  du  capital,  et  cependant  caractérisés

'  Je  lie  partage  aucunement  la  doctrine  d’Adam  Smith  ou  de  M.  Maltlius.relativemeiii
  à  l’elfet  des  impôts  établis  sur  les  denrées  nécessaires  à  la  vie.  Le
premier  ne  trouve  pas  de  termes  assez  énergiques  pour  les  caractériser;  M.  Malthus ­
  est  plus  indulgent.  Tous  deux  pensent  que  ces  taxes  tendent  beaucoup  plus
rigoureusement  que  les  autres  à  diminuer  le  capital  et  la  production.  Je  ne  prétends ­
  pas  y  voir  le  beau  ideal  des  taxes  :  mais  je  ne  pense  pas  non  plus  qu’ils
nous  assujettissent  au  cortège  de  maux  qu’Adam  Smith  leur  assigne  relativement ­
  au  commerce  intérieur,  ni  qu’ils  produisent  des  conséquences  très-dilléreiites
  des  autres  impôts.  Adam  Smith  prétendait  que  ces  sortes  de  droits  pesaient
exclusivement  sur  le  propriétaire.  M.  Malthus  pense  qu'ils  se  divisent  entre
le  propriétaire  et  le  consommateur.  Selon  moi,  ils  sont  acquittés  intégralement
par  le  consommateur.
            
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