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CHAPITRE TUI
Les cliants populaires slaves. — Rencontre d’un vieux « guslar ». — Le voivode Daitchim. — Le
pacha de Zagorie et la belle Ikonia. — Mirko, le neveu du pendu. — Histoire d’un aveugle
assassin.
Les poésies populaires slaves se divisent en
poésies domestiques ou féminines, qui se
chantent ordinairement à deux voix, avec des
reprises en chœur, et en chants héroïques
que les hommes déclament en s’accompa
gnant de la gusla, comme les Hébreux s’ac-
les premières sources de l’histoire du peuple
yougo-slave, la chronique de sa vie sous la
domination étrangère. Réduits en servage pal
le Turc, les Slaves de Serbie, de Bosnie,
d’Herzégovine, du Monténégro, prirent la
gusla pour confidente de leurs douleurs et de
leurs espérances, et cherchèrent la consolation des choses présentes en
chantant la grandeur passée de la patrie et les exploits de ses héros
légendaires. Si l’idée de l’unité nationale reste vivante dans le cœur des
Slaves du Sud, c’est grâce aux chants populaires.
Hérodote raconte que déjà les anciens habitants de la Serbie déclamaient
jour et nuit leurs poèmes nationaux sous leurs huttes recouvertes de fumier.
Plus d un de ces chants primitifs s’est transmis de bouche en bouche, et
s est conservé jusqu’à nos jours. Un de ces poèmes, bien plus ancien que
les chants d’Homère, nous apprend que dans les réunions de braves on
lançait dix faucons sur une troupe de cygnes, et que le guerrier dont le fau
con atteignait avant les autres un des oiseaux avait le droit de chantei le
premier les exploits de sa nation.
Ces poèmes, d’une sobriété et dune vigueur antiques, sont i emplis
compagnaient de la harpe. Ces chants sont
%.
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Un « guslar » .