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le dépouillement des marchandises, assurent aux statistiques d’importation,
tout au moins en ce qui concerne le commerce spécial, des garanties
d’exactitude aussi complètes que possible. A l’exportation, ces garanties
n’existent que pour les marchandises sortant de France à la décharge des
taxes intérieures ou de comptes d’admission temporaire. En dehors de ces
opérations, tous les produits déclarés pour l’exportation ne comportent, au
point de vue fiscal, aucune vérification de détail. Aussi le service des
douanes n’use-t-il de son droit de visite qu’avec une extrême modération.
Il hésite à faire procéder, dans un intérêt purement statistique, à des ouvertures
de colis susceptibles d’entraîner pour le commerce des frais de
manutention parfois élevés, et des retards préjudiciables à la célérité des
expéditions. Il en résulte que, dans la pratique, les déclarations déposées
entre les mains de la douane contiennent le plus souvent des indications
erronées tant en ce qui concerne l’espèce véritable que la destination réelle
des marchandises.
On peut citer à ce sujet un exemple topique. A la tribune de la
Chambre des députés, le 8 février 1899, lors de la discussion du budget du
Ministère du commerce, un député du Nord (1) dont les opérations commerciales
tiennent une large place dans notre trafic extérieur, signalait
l’inexactitude des renseignements statistiques publiés par l’Administration
des douanes (Journal officiel du 9 février 1899, pages 271 et suivantes).
Prenant pour base la Russie, qui, d’après le tableau général du commerce
de la France, a acheté, en 1897, sur nos marchés, 25.494.(XX) francs
de produits, ce député déclarait que son établissement et deux autres de
la région de Roubaix expédient par an, en Russie, 12 à 15 millions do
francs de laines lavées, et que si l’on y ajoute les laines peignées, la
valeur dès exportations à cette destination serait, pour oes deux articles
seuls, de plus de 35 millions de francs, alors que, d’après la statistique of.
ficielle, la valeur totale de nos exportations, en Russie, ne dépasserait pas
25 millions de francs.
L’Administration, après avoir procédé à une enquête sur les faits signalés,
a constaté, par l’examen même des documents émanant des exportateurs,
que son service avait scrupuleusement suivi, pour le dépouillement
des relevés statistiques, les indications mentionnées sur les déclarations
de sortie. Il s’agissait, dans l’espèce, d’expéditions sur la Russie, par la
voie de la Belgique, de laines lavées et peignées ; après avoir été groupées
sur un point du réseau voisin en vue de bénéficier de réductions de tarif
sur les chemins de fer belges et allemands, cos laines étaient expédiées sulla
Russie où elles devaient être mises en œuvre. Or, dans la plupart des
cas, les déclarations et spécialement celles déposées au bureau de Tourcoing,
point de départ des produits, par l’agence en douane de la Compagnie
des chemins de fer du Nord, mentionnaient la Belgique comme pays
de destination.
A une époque où la concurrence commerciale est des plus vives, les négociants
expéditeurs s’entourent de précautions pour tenir secrètes autant
que possible, les ventes qu’ils font à l’étranger. Ils se trouvent ainsi amenés
à ne pas fournir aux commissionnaires en douane, transitaires, agents
(1) M. Motte, député de Roubaix.