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L'OR DANS LE MONDE
véritables exploitations clandestines on illicites, parfois
organisées en grand. On a vu, récemment encore
(1896), sur la Zéya, une foule de 4 000 aventuriers
venir occuper un placer régulièrement concédé à
d’autres et ne se retirer, après avoir enlevé plusieurs
millions d’or, que devant un régiment de cosaques.
A plus forte raison en est-il de même dans les pays à
régime mal déterminé, dont le fameux Contesté Brésilien
a fourni un exemple mémorable. Dans celte
zone située à la limite de la Guyane française et du
Brésil, on a trouvé, vers 1890, des placers d’une
richesse exceptionnelle qui ont donné lieu, pendant
plusieurs années, à une production considérable sans
surveillance d’aucune sorte et dont l’or a échappé à
toutes les statistiques. Dans les Guyanes mêmes,
chacun sait qu’un semblable phénomène se produit
journellement en plus petit, l’or extrait de la partie
française évitant de passer par Cayenne, où il serait
contrôlé et payerait un impôt dit de statistique.
L’observation générale, que j’ai plus d’une fois
répétée, sur la situation ordinaire des riches découvertes
aurifères dans des pays nouveaux, rebelles à la
civilisation et difficiles d’accès, donne une valeur
spéciale à cette observation sur la production
inconnue ou dissimulée des placers. 11 est trop évident
que, lors de la découverte des placers de la Californie,
ou, plus récemment, du Yukon, les aventuriers,
qui se sont rués là par milliers, n’ont pas eu
pour premier soin d’aller fournir à une administration
quelconque les comptes détaillés de leur extraction
afin de renseigner les économistes.