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LA QUESTION OUVRIÈRE. Sag
je viens de donner comme représentant le gain hebdoma
daire d’nnplater: je dois dire que le taux de lo, ia et 14 li
vres n’est pas la règle générale et qu’il constitue même une
exception ; mais les salaires hebdomadaires de 4, 5, 6 et
7 livres sont normaux et courants dans la construction na
vale pour les catégories d’ouvriers skilled payés aux pièces.
Aux chantiers Russell, à Port-Glasgow, un bon plater se
l'ait de 4 à 5 livres et plus meme par semaine.
Alix chantiers Inglis, j’ai pu constater qu’un plater avait
reçu, pour son escouade de douze hommes et lui, la somme
de 124 livres 4? représentant le salaire de deux semaines.
Cela donne une moyenne de plus de 25o francs par homme
employé ; en admettant môme que, selon la coutume, l’ou
vrier-chef se soit attribué une rémunération importante, il
n’en reste pas moins que les manœuvres ont, en deux semai
nes, gagné autant que leurs collègues français en un mois.
On m’a signalé à Partick, près Glasgow, une famille^ les
Moory — composée du père, forgeron à cornières, et de
trois fils, dont l’un est également forgeron à cornières, et les
deux autres riveurs — qui gagne i,ooo livres {pSjOoo francs)
par an. 11 est vrai qu’elle les boit !...
Pour le rivetage des plaques, l’équipe employée se com
pose de deux riveurs, d’un teneur de coups et d’un jeune
homme de i5 à i6 ans, le boij, qui, de la forge où ils rou
gissent, apporte les rivets aux ouvriers chargés de les intro
duire et de les aplatir à coups de marteau de chaque côté
des plaques.
Je relève pour cette équipe, sur les livres des chantiers
Inglis, l’indication d’un salaire hebdomadaire de vingt livres;
voici comment il se répartira : pour le boy, i livre sterling
environ, 25 shillings au plus ; pour le teneur de cou])s,
4 livres ; pour chacun des deux riveurs, 7 livres i / 2. Les
borers, les aléseurs gagnent généralement 3 livres sterling