A. RÆDER
comme une indemnité, et non comme une amende pour le défaut
des Athéniens.
Les Athéniens envoyèrent ensuite une ambassade à Rome, pour
chercher à échapper au paiement des indemnités prononcées (l’an
155). Cette ambassade se composait de Carnéade, Critolaos et Dio
gène. 1 Cette ambassade éveilla, comme on le sait, un grand intérêt
à Rome par son éloquence, et réussit à obtenir que l’indemnité fut
réduite à 100 talents. Cette modification apportée par le Sénat au
jugement rendu par Sicyone, doit elle-même être considérée comme
une décision arbitrale, car la Grèce, à cette époque, ne dépendait
pas de Rome, et Athènes n’était pas sur le pied de guerre avec
Rome. 2
Il ne semble pas d’ailleurs que les Athéniens aient payé les 100
talents. Tout au contraire ils s’emparèrent d’Orope et y envoyèrent
des colons. 3 La Ligue achéenne intervint alors et força Athènes à se
retirer d’Orope. Nous ne connaissons pourtant pas de détails plus
précis, car le récit de Pausanias 4 qui est ici notre source principale,
ne mérite pas complètement qu’on s’y fie. 5
LVII.
Scipion-Emilien refuse de fonctionner comme arbitre entre
les Etats MACÉDONIENS. L’an 151.
La Macédoine, après la défaite de Persée en l’an 168, ayant été
divisée en 4 Etats autonomes, ceux-ci entrèrent bientôt en lutte,
les uns contre les autres. En l’an 151 ils s’unirent pour demander
à Scipion Emilien de venir en Macédoine et y trancher leurs
divers différends. Scipion déclara que sa présence était plus néces
saire en Espagne, et n’accepta pas cette mission. 6 On ne sait rien
de plus sur cette affaire.
1 Plutarque Cato maior 22, Ælian Var. hist III, 17. — 2 Ruggiero 1. c. p. 250.
— 8 Ins. Gr. IX, n° 411. — 4 VII, 11,4—8. — 5 G. Colin, Rome et la Grèce de 200
à 146 av. J. C. Paris 1905, p. 505 - ° Polybe XXXV, 4, 11-12.