Full text: L' arbitrage international chez les Hellenes

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A. RÆDER 
Quant à l’application de l’arbitrage compromissoire au V e siècle 
nous connaissons cinq différends que l’on a cherché à faire solutionner 
par cette voie. Le premier cas se place vers l’an 480 : Corinthe et 
Corcyre étaient en désaccord au sujet de leur colonie commune, 
la ville et l’île de Leucade h II semble que Corinthe avait essayé 
de s’en emparer. Les parties tombèrent d’accord sur l’arbitrage et 
prirent l’Athénien Thémistocle comme arbitre. La sentence fut 
basée sur ce que Leucade devrait continuer à être une colonie com 
mune des deux états et il condamna Corinthe à verser à titre de 
dommages et intérêts la somme de vingt talents (environ 120.000 fr.). 
Le cas suivant vise aussi Corinthe et Corcyre. Cette fois le 
désaccord portait sur une autre colonie commune, Epidamne 2 , la ville 
la plus puissante de la côte Illyrienne. Au moment où l’on allait 
en venir aux mains, Corcyre proposa à Corinthe de faire trancher 
le différend par une ville du Péloponnèse sur laquelle les deux 
parties tomberaient d’accord ; si Corinthe ne voulait pas l’accepter, 
Corcyre était aussi disposée à prendre comme arbitre l’Oracle de 
Delphes. Corinthe repoussa la proposition et la guerre éclata l’an 435. 
C’est un peu plus tard que se place la tentative de faire trancher 
par l’arbitrage le différend existant entre Elide et la ville triphy- 
lienne de Lépréon *. Les parties étaient d’accord pour prendre Sparte 
comme arbitre ; mais Elide rompit le compromis avant le prononcé 
de la sentence. Les deux villes contractantes appartenant à la Ligue 
péloponnésienne où Sparte avait l’hégémonie, ce cas sera traité plus 
loin quand nous en viendrons à la situation interne de cette Ligue. 
En 420 Argos proposa à Sparte de faire trancher par l’arbitrage 
leur vieux différend au sujet de la région frontière de Kynurie 4 . 
Comme juge, Argos proposa soit une ville choisie soit un parti 
culier, Sparte refusa de faire trancher la question de cette manière ; 
mais accepta un traité où se trouvait la condition singulière posée 
par Argos qu’il serait loisible aux parties d’exiger que la solution 
1 n = VII. - ! n° IX. - s n° X. - ‘ n c XIII.
	        
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