L’ARBITRAGE INTERNATIONAL CHEZ LES HELLÈNES
Si l’un des états de l’Amphictyonie ou un citoyen de lun de ces
états, contrevenait à ces règles et lois de droit des gens 1 affaire
était jugée par le Conseil des Amphictyons ou siégeaient les 24
hiéromnémons. La peine était fréquemment une amende ; si elle
n'était pas payée, le condamné pouvait risquer d’etre exclu e m-
phictyonie ou de voir le jugement exécuté, par la force des armes,
par les autres membres de l'Amphictyonie : une guerre sainte pou-
vait alors en résulter.
Ce que l'on vient d'exposer ici au sujet des contraventions a
ces règles du droit des gens, est aussi valable au cas ou quelqu un
s’attaquait aux divinités amphictyoniques, parmi lesquelles Apo on
de Delphes se dressait en première ligne, ou aux choses qui lui appar
tenaient, ou lorsqu’on troublait le culte établi dans la region, et les
fêtes qui s’y rattachaient.
Maintenant on peut, il est vrai, démontrer que le Conseil des Am
phictyons a fonctionné comme tribunal. C est un fait , mais ce se
rait un tout autre fait que d’avoir agi en cour permanente d arbitrage
international.
A l’examen, on découvre en effet que presque toutes les causes,
qui, autant que nous le savons, ont été jugées par le Conseil des
Amphictyons, appartiennent à l’une des catégories précédemment
énoncées qui étaient directement de son ressort, qu il s agisse
d’atteintes portées aux règles de droit des gens admises par l’Am
phictyonie ou de délits vis-à-vis du culte, amphictyonique.
C’est pour attaques contre les domaines d’Apollon que le Con
seil des Amphictyons condamne les Phocéens en 356 et la ville
d’Amphissa en 339, et l’exécution de ces jugements mena à deux
guerres saintes qui eurent des suites décisives pour la liberté de
l’Hellade.
On peut en dire autant d’un cas qui a été invoqué comme preuve
de ce que le Conseil des Amphictyons aurait eu le caractère d’un
tribunal permanent appelé à juger entre les états grecs dans toutes
sortes de différends, il s’agit de la citation des Lacédémoniens par
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