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L’ARBITRAGE INTERNATIONAL CHEZ LES HELLÈNES
et parmi elle, Samos et Priène ; elles conquirent et détruisirent Melia
et se partagèrent la région. Une partie fut attribuée à Poseidon, et
les villes ioniennes qui avaient participé à la guerre, y construisirent
un sanctuaire commun, Panionion, autour duquel se forma la Ligue
ionienne. 1 A cette occasion, il semble que Priène ait reçu le district
de Dryussa avec la forteresse carienne, tandis que le district situé à
l’intérieur, autour de Anaïa, qui était aussi appelé Batinétique, fut
attribué à Samos, qui par là obtint aussi les possessions de la côte
de l’Asie Mineure, dans le voisinage immédiat de Priène. Au sujet
de ce partage, les historiens ne s’entendent pas, par exemple Maian-
drios de Milet prétendait que Samos avait reçu Batinétis et Dryussa
avec Carion (la forteresse carienne).
Lorsque l’invasion des Cimmériens et la domination de Lygdamis
sur les côtes carienne et lydienne furent passées, Samos envoya un
millier de colons à Batinétis ; ceux-ci furent massacrés par les ha
bitants de Priène qui occupèrent aussi Batinétis pendant six ans. Alors
Milet s’unit à Samos et infligea à Priène une défaite décisive « sous
le chêne ». Néanmoins l’homme le plus en vue de Priène, Bias,
qui était un des Sept Sages, réussit à négocier la paix. 2 Par celle-ci
Samos rentra en possession de Batinétis et probablement aussi de
Dryussa.
Ceci se place au commencement du VI e siècle. Dans le V e siècle
Priène fut abandonnée pour n’être rebâtie et redevenir ville indépen
dante qu’au milieu du IV e siècle.
Priène chercha alors à reconquérir tous les pays que la ville avait
autrefois possédés et reconquit Dryussa avec Carion, tandis que le
district batinétique demeura au pouvoir de Samos. Priène trouva un
protecteur dans Alexandre le Grand. Pendant l’affaire d’arbitrage
dont il va être question entre Priène et Samos, et où les Rhodiens
prononcèrent le jugement, il semble que Priène invoqua en sa faveur
1 Wilamovitz dans Sit. Ber. Berl. Akad. 1906, p. 38 et ss. H. v. Gaertringen
Inschr. von Priene, Berlin 1906, p. VI et ss. — 1 Aristote, Müller Fr. hist. Gr. II,
n° 179, ainsi que les inscriptions citées ci-dessous.