118 ÉVOLUTION INDUSTRIELLE DE LA BELGIQUE
informé, s’effrayaient des mots : Encourager l’industrie
nationale » (1). Ils préféraient les chances du jeu et de
l’agiotage, et des millions furent perdus dans des em
prunts contractés par l’Espagne, les Etats de l’Améri
que du Sud, etc.
En dehors de ces capitaux étrangers, il y en eut en
Belgique qui eurent leur origine dans la spéculation ; telle
la fortune de la famille Orban, qui provient de la
spéculation sur les assignats.
Michel-Joseph Orban était originaire du Luxembourg ;
il appartenait à une famille de cultivateurs de Heyd,
où il naquit le 12 septembre 1752. Fils unique et orphelin,
il réalisa son modeste patrimoine et vint, peu avant
la révolution de 1789, s’établir à Liège, emportant pour
toute fortune onze louis (2).
Il y ouvrit eu premier lieu (dans la maison du Peigne
rouge, rue du Pont d’Tle) un commerce d’achat et de
vente de lin ; en 1787, il y ajouta le trafic du café,
enfin, peu après l’explosion de la Révolution française,
il commença le débit de ce qu’on qualifiait alors arti
cles de Paris, parfumerie, coiffure, bimbeloterie, etc. Il
tenait aussi un dépôt de lampes d’un nouveau système,
appelé quinquet.
L’ingénieux Orban sut tirer, à l’époque de la Révo
lution, un double profit de l’exploitation de ces divers
produits parisiens. Par leur nouveauté, par leur origi-
(1) Th. Wilson. De l’influence des capitaux anglais sur l’industrie
européenne depuis la révolution de 1688 jusqu’en 1817. Nouvelle Edition
Bruxelles, 1869, p. 111.
(2) F. Capitaine. Essai biographique sur Henri Joseph Orban, 1858, p.7.