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PREMIERES NOTI ONS
que cela a débuté, que pour les hommes le vol a
précédé de longtemps I'échange et qu'il y a eu
dans les sociétés humaines des pillards et des pirates
longtemps avant qu'il y efit des marchands. Fit
méme quand ceux-ci ont apparu sur la scéne écono-
mique, il était parfois assez difficile de les distinguer
de leurs prédécesseurs. Le vol, c’est déja une forme
de I'appropriation (ou de I'expropriation, si vous
voulez), qui est innée, instinctive chez les animaux,
comme je viens de le dire, tandis que I’échange,
au contraire, n'est nullement un acte instinctif!
C’est un acte raisonné et qui n'est pas 3 la portée
d'une intelligence primitive. Voici pourquoi : ¢’est
que I'échange suppose préalablement une dépos-
session volontaire. II faut que celui qui veut
échanger se dessaisisse de sa propriété pour la céder
a autrui. Or, ce dessaisissement est un sacrifice qui
répugne a la nature. Il n'y a qu’a voir si un petit
enfant se dessaisit volontairement de ce qu’on lui
a donné! On a beau lui dire : donne-le mol, je te
donnerai autre chose — il ne veut rien entendre et
si méme il finit par le licher, immédiatement il
demande a le reprendre.