Full text: La question d'Orient depuis ses origines jusqu' à nos jours

LE GRAND PLAN DE NAPOLEON SUR L’ORIENT. , 89 
Citer du triomphe de la religion et des anciennes lois (4 no 
vembre 1808). 
Non seulement Constantinople était troublée par des 
désordres capables de lasser les meilleurs amis des sultans, 
mais aussi les provinces de l’Empire étaient sans cesse 
agitées par des tentatives insurrectionnelles, fruit de la 
faiblesse du gouvernement, des idées d’indépendance jetées 
par la France révolutionnaire à travers tous les peuples, des 
espérances suscitées par les exploits inouïs des armées de Na 
poléon. Ces tentatives avaient les caractères les plus variés. 
C’était le pacha de Beirout, Djezzar, qui massacrait les 
chrétiens du Liban, défendait en 1799 Saint-Jean d’Acre 
contre Bonaparte, puis se rendait indépendant dans cette 
ville et y bravait toutes les colères du sultan, jusqu’à sa 
mort en 1804. 
C’était la tribu des Wahabites, qui, accusant les Turcs 
d’être infidèles aux enseignements de Mahomet, se révoltait 
dans l’Arabie centrale, s’emparait de La Mecque, de Médine, 
en 1803 et 1804. 
C’était le Bosniaque musulman, Pasvan Oglou, qui, 
maître de Widdin, puis successivement de Nicopolis, 
Plevna, Sofia, Nisch, Sistova, Routchouk (1797-1798), 
rêvait de refaire le vieil empire bulgare du moyen âge, de 
lui donner Constantinople pour capitale, déclarait la guerre 
au sultan, battait les Turcs, arrivait jusqu’à Andrinople, y 
recevait du divan l’investiture du gouvernement de toute la 
Bulgarie et y restait indépendant jusqu’en 1807. 
C’était le Monténégro, qui, sous le vladika Pierre I", 
remportait sur les Ottomans victoires sur victoires, faisait 
solennellement proclamer par le sultan que « jamais les 
Monténégrins n’avaient été les sujets de la Porte », fondait 
une étroite alliance avec la Russie, conservant bravement 
à l’orthodoxie cette forteresse montagneuse du Monténégro 
autour de laquelle allaient peu à peu surgir, comme jadis 
autour des Asturies d’Espagne, une rangée de plus en plus 
compacte d’États chrétiens, ressuscités pour la conquête de 
la ville de Constantin. 
C’était en effet Tardent patriote Rbigas, de Velestino, qui 
appelait les Grecs à la liberté en des chants enflammés 
et tentait de les grouper en une active association secrète 
pour la préparation de la guerre sainte; livré par les Autri 
chiens aux Turcs, il était noyé dans le Danube à Belgrade 
en 1798.
	        
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