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L’INDÉPENDANCE DE LA GRÈCE.
d’Angleterre intervint, s’efforça d’apaiser la colère du gouvernement
turc, en retarda l’explosion, en atténua ainsi
les effets.
L’Europe tout entière commençait à s’intéresser à l’insurrection
grecque, et rien n’y contribuait plus que les massacres
eux-mêmes. Était-il possible de laisser détruire toute
une population chrétienne par les infidèles ? N’était-il pas
temps de les rejeter en Asie, de les réduire à l’impuissance
de nuire?
Le tsar tenait difficilement les engagements que Metternich
avait obtenus de lui à Laybach. Ses secrètes sympathies
pour les Grecs, excitées par l’opinion de toute la
Russie, ne se pouvaient plus dissimuler ; il laissait échapper
publiquement des plaintes, des menaces contre les
Ottomans, des cris d’indignation contre les massacreurs. 11
cherchait un moyen diplomatique d’intervenir à Constantinople,
sans trop irriter les membres de la Sainte-Alliance ;
il se souvenait que les conventions du traité de Bucharest
avaient été mal respectées par les Turcs, que par exemple
la Serbie n’avait pas obtenu les garanties promises. Le
trouble où tous ces événements le jetaient inquiétait de
jour en jour davantage le gouvernement autrichien.
Enfin, ne se contenant plus, entraîné par les traditions
de la politique russe, par son tempérament ardent de chrétien,
même de croisé, Alexandre adressa tout à coup au
sultan un ultimatum hautain : il lui reprocha vivement les
massacres de Constantinople et de Chio, le mit en demeure
de relever les églises détruites, de respecter dans tout son
empire le culte chrétien, de rétablir le régime des traités
dans les principautés danubiennes. Il exigea une réponse
immédiate. Mahmoud ne répondit pas. L’ambassadeur
russe Strogonof reçut l’ordre de quitter Constantinople :
c’était une rupture. Les conséquences en pouvaient être
considérables. Mais le tsar n’osa pas poursuivre dans cette
voie ; il était retenu par la parole qu’il avait donnée à Metternich
; il ne trouvait pas le moyen de concilier ses intérêts
et ses sentiments dans les Balkans avec l’alliance
autrichienne ; il redoutait l’Angleterre ; il était déchiré de
scrupules, perdu dans l’irrésolution.
Le gouvernement anglais surveillait de près les événements
de l’Orient ; il ménageait l’avenir avec beaucoup
d’habileté. Sa politique étrangère était alors dirigée par
Canning : il arrêtait l’exécution des violentes mesures que