Full text : La question d'Orient depuis ses origines jusqu' à nos jours

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L’INDÉPENDANCE  DE  LA  GRÈCE.

mineure?  Déjà  il  renouvelle  la  lutte  contre  la  Perse  au
sujet  des  nouvelles  frontières  de  la  Russie  transcaucasienne  ;
le  shah  de  Perse,  Feth-Ali,  vient  aussi  d’organiser  son
armée  à  l’européenne,  et  il  se  croit  assez  fort  pour  reprendre
la  Géorgie  ;  son  fils,  Âbbas-Mirza,  franchit  l’Araxe,  marche
sur  la  Koura  et  Tiflis.  Le  général  Paskiévitch  l’arrête  et  le
bat  à  Elisabethpol  (septembre  1826).  Ce  nouveau  conflit
est  plein  de  surprises  possibles;  le  tsar  est  capable  d’écraser
la  Perse  et  de  se  jeter  ensuite  sur  les  Ottomans.
Il  faut  vite  régler  la  question  grecque.  L’Angleterre,
assistée  de  l’Autriche,  qui  a  les  mêmes  craintes,  offre  sa
médiation  au  sultan,  sur  les  bases  du  protocole  du  4  avril.
Le  sultan  ne  répond  pas  à  cette  note  ;  il  presse  Rachydpacha
  d’enlever  Athènes  qui  résiste  encore.  Les  semaines,
les  mois  passent.  Les  Russes  comptent  sur  cette  obstination ­
  du  sultan  qui  nécessitera  d’autres  mesures.  L’Autriche
et  l’Angleterre  insistent  auprès  delà  Porte  ;  longue  attente
encore.  Enfin,  en  juin  1827,  le  sultan  répond  aux  puissances ­
  :  il  leur  reproche  d’encourager  par  leur  intervention  la
résistance  des  rebelles  ;  il  leur  rappelle  les  principes  de  la
Sainte-Alliance,  qui  reposent  sur  l’obéissance  nécessaire
des  sujets  à  l’égard  de  leurs  souverains  légitimes  ;  il  ne  leur
reconnaît  pas  le  droit  de  s’occuper  des  affaires  intérieures
de  l’empire  ottoman,  pas  plus  que  l’Angleterre  ne  reconnaîtrait ­
  à  qui  que  ce  soit  le  droit  d’intervenir  en  faveur  de
l’Irlande  ;  il  leur  déclare  qu’à  l’avenir  il  ne  leur  répondra
plus  sur  cette  question.  C’était  digne,  babile,  quelque  peu
ironique,  mais  très  dangereux,  étant  donné  les  dispositions
de  la  Russie.
A  ce  moment,  le  tsar  recherchait  manifestement  un  rapprochement ­
  avec  la  France,  qui  ne  se  dérobait  pas  ;  Charles ­
  X,  poussé  par  l’opinion  publique,  était  prêt,  comme  la
Russie,  à  agir  en  faveur  des  Grecs.  Un  accord  franco-russe
sur  cette  question  eût  réduit  l’Angleterre  à  l’impuissance  et
ruiné  son  prestige  :  Capo  d’Istria,  l’ancien  ministre  du  tsar,
venait  d’être  élu  par  les  Grecs  président  provisoire  de  leur
République.  La  Grèce  renaissait,  au  milieu  de  ses  plus
écrasantes  défaites,  par  la  seule  transformation  de  la  politique ­
  russe.
Le  gouvernement  anglais  vit  très  clairement  ces  dangers,
et,  pour  ne  pas  être  évincé  tout  à  fait,  il  s’accorda  de  bonne
grâce  avec  la  France  et  la  Russie,  et  "elles  signèrent  avec
lui,  le  16  juillet  1827,  la  triple  alliance  de  Londres  confie-
            
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