Full text: La question d'Orient depuis ses origines jusqu' à nos jours

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L’INDÉPENDANCE DE LA GRÈCE. 
lion d’Orient, et qui, sans se préoccuper désormais de la 
Grèce, entamaient l’empire ottoman de part et d’autre de 
la mer Noire. 
La campagne de 1828 fut surtout fructueuse pour eux 
dans la Caucasie. Paskiévitch, dès la déclaration de guerre, 
se jeta sur les places turques; il prit Kars, après un siège 
de quatre jours, en juillet. La peste se mit alors dans son 
armée, et retarda un peu ses mouvements ; il assiégea pour 
tant Akhaltsikh et s’en empara le 28 août. 11 prit encore 
Poti, Ardahan, puis, en pleine Arménie, Bayasid, Topra- 
Kaleh. Alors il enleva Erzeroum et hâta sa marche sur Tré- 
bizonde. 
La lutte fut plus pénible sur le Danube, où les Turcs 
avaient des troupes plus nombreuses. La campage de 1828 
fut même presque absolument stérile. Le tsar et Wittgens 
tein occupèrent d’abord la Dobroudja, qui leur livrait une 
large entrée sur la Bulgarie ; mais Brada leur fit une longue 
et héroïque résistance ; il leur fallut rester trois mois devant 
Varna, où ils ne purent entrer que par la trahison du com 
mandant turc Youssouf-pacha. Ils restèrenttrois mois encore 
devant la forte place de Choumla, et toutes leurs attaques 
furent repoussées. Beaucoup de juges très compétents affir 
ment même que, si les généraux turcs avaient alors pris 
l’offensive, ils auraient trouvé les troupes russes en très 
mauvaise situation : ils n’y songèrent pas. 
La campagne de 1829 fut confiée au général Diébitch. Il 
prit d’abord Silistrie, et battit une armée turque à Kulevt- 
cha ; mais il échoua encore devant Choumla et y perdit 
beaucoup de temps. Pour ne pas compromettre encore ses 
opérations, il risqua une audacieuse tentative, la traversée 
des Balkans ; jamais une armée russe ne l’avait osée. Les 
Turcs ne les défendirent pas, les croyant sans doute infran 
chissables. Diébitch s’y engagea par deux routes, celle de 
Pravadia à Aïdos et celle de Varna à Bourgas tout le long 
de la mer. Il ne rencontra aucun obstacle, et, tout étonné 
de son succès, concentra son armée le 24 juillet à Roumé- 
likoï ; se tenant très étroitement en communication avec la 
côte, il pouvait se ravitailler par la flotte russe et ne ris 
quait pas d’être tourné. Il put ainsi marcher sur Andrinople ; 
il y entra le 14 août sans coup férir; son avant-garde se 
porta même, dans la direction de Constantinople, jusmi’â 
Tchorlo U et Rodosto, à quelques lieues de la capitale otto 
mane.
	        
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