Full text : La question d'Orient depuis ses origines jusqu' à nos jours

154

maíTmoud  et  MÉHÉMET.

iitrigues.  A  la  nouvelle  de  l’arrivée  de  sir  Napier  devant
Beirout,  toute  la  Syrie  septentrionale  s’agita.  Méhémet
effrayé  offre  aussitôt  de  rendre  Candie  et  de  se  contenter
de  l’administration  viagère  de  la  Syrie,  avec  l’Égypte  héréditaire. ­

Ce  n’est  point  suffisant;  ses  propositions  ne  sont  point
entendues.  Le  14  septembre,  un  firman  du  sultan  proclame
purement  et  simplement  la  déchéance  du  pacha.  Le  3  octobre, ­
  Beirout  tombe  aux  mains  des  Anglais;  Ibrahim
recule  précipitamment  vers  le  sud,  résiste  à  peine  ;  le  fatalisme ­
  musulman  brise  tout  d’un  coup  son  énergie.
Tous  les  grands  desseins  de  Thiers  s’en  vont  à  la  dérive,
entraînés  par  cette  reculade  imprévue.  Le  gouvernement
français  veut  contenir  cette  débâcle  ;  de  graves  délibérations
ont  lieu  aux  Tuileries  pendant  plusieurs  jours;  Louis-Philippe
  y  déclare  qu’il  ne  veut  pas  faire  la  guerre  :  faut-il
compromettre  le  trône  et  la  frontière  elle-même  pour  un
pacha  qui  se  défend  si  mal,  qui  plie  au  premier  contact  de
quelques  marins  anglais  ?  Les  journaux  ministériels  attaquent ­
  le  roi.  Mais  l’opinion  est  désemparée,  elle  commence ­
  à  craindre  de  s’être  égarée.  Du  moins  il  est  impossible ­
  de  laisser  déposséder  complètement  Méhémet-Ali;  le
ministère,  d’accord  pour  quelque  temps  encore  avec  le  roi,
adresse  aux  puissances  la  note  du  8  octobre,  déclarant  que
la  France  n’admettra  pas  que  Méhémet  soit  chassé  de
l’Égypte.  C’était  se  rallier  au  principe  essentiel  du  traité  de
Londres.  Thiers  pourtant  n’avait  pas  renoncé  à  l’idée  de  la
guerre;  il  n’attendait  qu’une  provocation  nouvelle  de  Palmerston ­
  pour  forcer  la  main  au  roi.  Le  20  octobre,  il
présente  à  Louis-Philippe  un  projet  de  discours  du  trône
pour  l’ouverture  des  Chambres  fixée  au  28.  Louis-Philippe
en  trouve  le  ton  trop  belliqueux,  refuse  de  signer,  accepte
la  démission  du  ministère  Thiers.  Le  nouveau  cabinet  fut
présidé  par  le  maréchal  Soult;  Guizot  fut  appelé  de  l’ambassade ­
  de  Londres  au  ministère  des  affaires  étrangères.
Dès  lors  la  question  d’Égypte  perdait  de  son  acuité  ;  le
ministère  Soult-Guizot  dégageait  la  France  de  l’impasse  où
elle  s’était  jetée;  son  seul  avènement  était  une  concession
faite  à  l’Europe,  un  gage  de  paix.  Guizot  espéra  que  les
puissances  lui  en  sauraient  gré  et  se  montreraient  conciliantes. ­
  Tout  en  maintenant  la  note  du  8  octobre,  il  pensa
obtenir  pour  le  pacha  quelque  chose  de  pins  que  l’Égypte,
par  exemple  le  pachalik  de  Saint-Jean  d’Acre.  Encore
            
Waiting...

Note to user

Dear user,

In response to current developments in the web technology used by the Goobi viewer, the software no longer supports your browser.

Please use one of the following browsers to display this page correctly.

Thank you.