Full text : La question d'Orient depuis ses origines jusqu' à nos jours

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LA  CHARTE  DE  GULHAKÉ.

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direction  des  mosquées.  Des  écoles  spéciales  furent  fondées
ou  réorganisées,  une  école  de  médecine,  une  école  militaire, ­
  une  école  polytechnique,  où  trois  officiers  français
'urent  appelés  pour  la  surveillance  des  études.
Dans  le  même  temps,  comme  les  ministres  du  sultan
étaient  réunis  en  conseil,  Abd-ul-Medjid  arriva  inopinément
au  milieu  d’eux  :  il  annonça  qu’il  supprimait  le  marché  des
esclaves  noirs  et  que  l’on  ne  rétablirait  sous  aucune  forme
les  revenus  afférents  à  l’État  sur  les  opérations  d’un  établissement ­
  dont  le  spectacle  dégradant  excitait  bien  plus  la
répugnance  que  la  curiosité  des  étrangers  ^  Gela  suffirait
à  honorer  ce  règne.
Des  enquêtes  furent  faites  par  des  commissaires  extraordinaires ­
  sur  la  situation  de  l’empire,  et,  en  1852,  par  le
firman  du  28  novembre,  l’administration  des  provinces  fut
modifiée.  Jusque-là,  chaque  province  était  en  quelque  sorte
vendue  au  gouverneur,  véritable  fermier  général  qui  assurait ­
  les  redevances  dues  au  trésor,  et  qui,  sauf  cela,  traitait
à  sa  guise  ses  administrés.  Il  confiait  la  levée  des  contributions, ­
  au  meilleur  compte  possible  pour  lui-m'me,  à  un
banquier,  le  plus  souvent  arménien,  qui,  comme  le  publicain
  de  l’ancienne  Rome,  s’airangeait  pour  faire  d’excellentes ­
  affaires.  Alors,  la  répartition  et  le  taux  des  impôts
étaient  absolument  arbitraires  ;  le  gouverneur  disposait  de
la  force  armée,  de  la  fortune,  de  l’existence  même  de  ses
sujets.  Là  se  trouve  la  principale  cause  de  la  misère  et  de
la  ruine  des  pays  soumis  aux  Turcs.  Reschid-pacha  tenta
d’y  remédier.  Il  partagea  les  pouvoirs  du  gouverneur  entre
trois  fonctionnaires  indépendants  l’un  de  l’autre,  le  commandant ­
  militaire  ou/noucAaniV,  l’administrateur  civil  ou  naZi,
le  receveur  des  finances  ou  defterdar.  Tous  furent  responsables ­
  devant  le  divan,  et  reçurent  des  appointements  fixes,
pour  n’avoir  nul  droit  de  se  payer  aux  dépens  de  leurs
administrés.
Certes,  il  y  eut  encore  bien  des  abus,  des  exécutions  sans
jugement,  des  confiscations  sans  cause.  Pourtant  ils  furent
moins  criants  et  moins  fréquents,  ils  furent  dissimulés  ;  la
féodalité  militaire,  aussi  écrasante  que  celle  des  Janissaires,
fut  à  l’avenir  moins  puissante.
Mais  toutes  ces  réformes,  très  incomplètes,  très  insuffisantes, ­
  rencontraient  elles-memes  de  continuelles  difficultés.
1.  Engelhardt,  La  Turquie  H  le  Tanzimâf.,  î,  84.
            
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