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LA GUERRE DE CRIMEE ET SES SUITES.
néral de Beaufort-d’Hautpoul. — Les Français dans la Montagne.
— Départ des troupes françaises (juin 1861). —Organisation nouvelle
du Liban par le règlement du 9 juin 1861. — En Grèce :
chute du roi Othon (1862); avènement de Georges 1«' et annexion
des Iles Ioniennes (1863). — Insurrection de la Crète (1866-1869).
— Répression de l’insurrection. — Le firman du 10 janvier 1868.
Querelles entre les chrétiens de l’empire ottoman : les Uniates ; le
schisme bulgare (11 mars 1870).
I. — France, Angleterre et Russie. — La guerre de Crimée.
L’empire ottoman, désormais tombé sous la tutelle des
grandes puissances, partout agité par les continuelles et
croissantes revendications de ses peuples chrétiens, allait
être le champ clos des compétitions les plus passionnées.
Caries protecteurs du sultan n’étaient pas tous désintéressés ;
la plupart d’entre eux n'étaient partisans de l’intégrité de
son empire que dans la mesure où ils désespéraient de profiter
de son démembrement ou craignaient d’en laisser le
bénéfice à d’autres. La Russie, l’Angleterre et la France
en particulier se surveillaient jalousement; elles s’efforcaient
de maintenir entre elles l’équilibre de l’Orient, chacune,
et surtout les deux premières, avec l’arrière-pensée
le le rompre à son profit.
La Russie n’avait pas renoncé aux desseins de la grande
Catherine. Peut-être n’avait-elie plus ouvertement la prétention
d’occuper aussitôt Constantinople ou d’y mettre
un prince de la race des tsars ; mais, comme jadis en Pologne,
elle voulait y établir son influence, une sorte de
protectorat, sous prétexte d’y défendre les chrétiens contre
le fanatisme musulman; ce n’était plus d’amputation brutale,
mais d’empoisonnement lent qu’elle menaçait les
Turcs : entre les deux systèmes, ceux-ci préféraient le
second, contre lequel ils pensaient bien trouver un antidote
efficace. Déjà la Russie avait en grande partie perdu le
bénéfice des traités de Kaïnardji et d’Unkiar-Skélessi; elle
avait du en 1841 partager avec les autres grandes puissances
le soin de garantir l’indépendance de l’empire ottoîpnn
L’Angleterre avait à Constantinople, depuis cette
date, une situation très forte : car elle avait défendu le
sultan contre h France et le pacha d’Égypte et, par surcroît,
l’avait arrraché à la redoutable amitié de la Russie.
Elle était représentée auprès de lui par un habile et énergique
ambassadeur. Sir Stratford de Redcliffe, qui gouver-