Full text : La question d'Orient depuis ses origines jusqu' à nos jours

Li  POLITIQUE  DE  L’AUTONOMIE.

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égalité  qui  la  compromettrait.  —  L’admissibilité  de  tous
aux  fonctions  publiques?  Il  n’y  a  dans  tout  l’empire  que
deux  pachas  chrétiens  et  ils  sont  sans  fonctions,  les  musulmans ­
  refusant  de  leur  obéir  et  le  gouvernement  ne  leur
témoignant  aucune  confiance.  —  Lajustice  égale  pour  tous?
Un  chrétien,  disent  les  consuls  anglais,  ne  peut  en  général
obtenir  justice  contre  un  musulman;  un  musulman,  fùt-il
assassin,  a  toute  chance  d’être  acquitté,  s’il  n’a  contre  lui
que  des  témoins  chrétiens  ;  les  chrétiens  redoutent  autant
les  gendarmes  turcs  que  les  voleurs,  entre  lesquels  ils
n’ont  pas  de  raison  de  faire  de  différence.  —  La  communauté ­
  du  service  militaire?  Les  musulmans  ne  reconnaissent ­
  par  aux  chrétiens  le  droit  de  commander;  les
chrétiens  ne  veulent  pas  s’exposer  à  combattre  leurs
propres  frères,  puisque  ¡l’armée  ottomane  est  toujours  un
instrument  de  persécution  et  de  fanatisme.  —  Les  travaux
publics?  Ils  ne  sont  possibles  qu’avec  des  finances  prospères, ­
  et  la  Sublime  Porte  est  toujours  en  état  de  banqueroute; ­
  car  son  administration  vexatoire  interdit  toute
exploitation  régulière  des  richesses  du  sol,  multiplie  les
douanes  intérieures,  les  dîmes  arbitraires;  elle  n’a  même
pas  su,  malgré  ses  promesses,  établir  la  perception  directe;
elle  en  est  revenue  au  système  épuisant  des  fermes  ;  elle
repose  sur  la  fraude  ;  elle  est  aux  mains  d’un  personnel
généralement  incapable  ou  malhonnête  ;  elle  n’est  organisée
que  pour  la  ruine  du  pays  où  elle  sévit.  La  réforme,  dont
on  fait  tant  de  bruit,  n’a  été  comprise  et  voulue  que  par
quelques  individualités,  en  réalité  mal  soutenues  par  le
gouvernement.  Décidément  l’Ottoman  est  bien  l’homme
malade,  mourant  même  ;  il  n’y  a  rien  à  espérer  de  lui  :
c’est  peine  perdue,  c’est  duperie,  que  de  vouloir  le  soutenir,
le  faire  vivre.  Les  musulmans  ne  veulent  pas  de  la  réforme;
ils  prétendent  n’avoir  qu’à  y  perdre.  Turcs  ils  sont,  Turcs
ils  resteront.
D’où  la  Russie  affirmait  que  la  seule  politique  digne  de
l’Europe,  digne  des  puissances  chrétiennes,  était  de  délivrer
de  ce  joug  trop  longtemps  supporté  les  nationalités  chrétiennes, ­
  de  leur  rendre  peu  à  peu  la  liberté  par  la  décentralisation ­
  continue  ;  en  un  mot,  elle  voulait  le  démembrement,
dont  elle  espérait  profiter.
Siles  Ottomans,  pendant  plus  de  quatre  siècles  de  domination, ­
  avaient  jalousement  maintenu  les  distances  entre
les  vainqueurs  et  les  vaincus,  s’ils  avaient  fondé  leur
            
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