Full text: La question d'Orient depuis ses origines jusqu' à nos jours

LES INSURRECTIONS. 
209 
piter. Abd-ul-Aziz, depuis son avènement en 1861, s’était 
soumis à l’action de l’Europe, au lendemain de la guerre de 
Crimée. Mais c’était un esprit faible, un caractère avili par 
des excès de toutes sortes. A-t-on d’ailleurs suffisamment 
remarqué l’incapacité intellectuelle et morale de tous ces 
sultans du xix® siècle ? On dirait que le sang d’Osman est 
épuisé. Il fut facile à son entourage de fermer l’ère des ré 
formes: elles n’avaient jamais été bien sérieuses. Le dé 
sordre administratif était toujours le même, le gouverne 
ment des valis toujours aussi arbitraire et tyrannique, les 
impôts de plus en plus lourds, les charges accablantes, le 
malaise général, le trésor public vide. Le gouvernement 
ottoman fit banqueroute en 1875, se déclara impuissant à 
payer ses créanciers, la plupart européens et peu intéres 
sants aux yeux du parti national. Grief nouveau que la 
Russie ne manqua pas d’enregistrer. 
IL —Les insurrections et la conférence de Constantinople 
(1877-1878). 
Sous l’inspiration de la réaction musulmane, à laquelle 
presque tous les fonctionnaires de la Porte étaient gagnés, 
les chrétiens de l’empire furent sans cesse inquiétés, mal 
traités, surchargés de contributions. Le joug ottoman s’ap 
pesantit sur leurs têtes dans le temps même où le pansla 
visme surexcitait leurs espérances. Gela suffit à expliquer 
l’agitation qui troubla bientôt toute la Turquie d’Europe. 
Comme en 1820, la crise prévue commença par des insur 
rections et des massacres. 
Dans l’été de 1875, les habitants de l’Herzégovine se 
soulevèrent. Ils refusèrent les impôts, la corvée, atta 
quèrent les agents de la Porte, engagèrent quelques escar 
mouches dans la vallée de la Nareinta contre les garnisons 
turques. Le gouverneur, Dervisch-pacha, y conduisit des 
troupes ; il fut battu à Nevesigne, le 24 juillet. Des bandes 
chrétiennes se formèrent, sous des chefs hardis, comme 
Peko-Paulovitch, Luibibratich ; elles eurent leur quartier- 
général au couvent grec de Duze; de nombreux villages 
furent incendiés ; des Serbes, des Monténégrins accou 
rurent à l’aide des chrétiens. 
Les consuls européens du pays intervinrent, deman 
dèrent aux insurgés l’expression de leurs vœux : ils exigèrent 
la liberté religieuse, le droit de tester en justice, une milice 
E. Driault. — Question d’Orient. 14
	        
Waiting...

Note to user

Dear user,

In response to current developments in the web technology used by the Goobi viewer, the software no longer supports your browser.

Please use one of the following browsers to display this page correctly.

Thank you.