LES INSURRECTIONS.
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piter. Abd-ul-Aziz, depuis son avènement en 1861, s’était
soumis à l’action de l’Europe, au lendemain de la guerre de
Crimée. Mais c’était un esprit faible, un caractère avili par
des excès de toutes sortes. A-t-on d’ailleurs suffisamment
remarqué l’incapacité intellectuelle et morale de tous ces
sultans du xix® siècle ? On dirait que le sang d’Osman est
épuisé. Il fut facile à son entourage de fermer l’ère des réformes:
elles n’avaient jamais été bien sérieuses. Le désordre
administratif était toujours le même, le gouvernement
des valis toujours aussi arbitraire et tyrannique, les
impôts de plus en plus lourds, les charges accablantes, le
malaise général, le trésor public vide. Le gouvernement
ottoman fit banqueroute en 1875, se déclara impuissant à
payer ses créanciers, la plupart européens et peu intéressants
aux yeux du parti national. Grief nouveau que la
Russie ne manqua pas d’enregistrer.
IL —Les insurrections et la conférence de Constantinople
(1877-1878).
Sous l’inspiration de la réaction musulmane, à laquelle
presque tous les fonctionnaires de la Porte étaient gagnés,
les chrétiens de l’empire furent sans cesse inquiétés, maltraités,
surchargés de contributions. Le joug ottoman s’appesantit
sur leurs têtes dans le temps même où le panslavisme
surexcitait leurs espérances. Gela suffit à expliquer
l’agitation qui troubla bientôt toute la Turquie d’Europe.
Comme en 1820, la crise prévue commença par des insurrections
et des massacres.
Dans l’été de 1875, les habitants de l’Herzégovine se
soulevèrent. Ils refusèrent les impôts, la corvée, attaquèrent
les agents de la Porte, engagèrent quelques escarmouches
dans la vallée de la Nareinta contre les garnisons
turques. Le gouverneur, Dervisch-pacha, y conduisit des
troupes ; il fut battu à Nevesigne, le 24 juillet. Des bandes
chrétiennes se formèrent, sous des chefs hardis, comme
Peko-Paulovitch, Luibibratich ; elles eurent leur quartiergénéral
au couvent grec de Duze; de nombreux villages
furent incendiés ; des Serbes, des Monténégrins accoururent
à l’aide des chrétiens.
Les consuls européens du pays intervinrent, demandèrent
aux insurgés l’expression de leurs vœux : ils exigèrent
la liberté religieuse, le droit de tester en justice, une milice
E. Driault. — Question d’Orient. 14