lÆS INSURRECTIONS.
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elle obtint la signature de la paix entre la Serbie et la
Turquie ; puis elle demanda la réunion d’une nouvelle conférence
à Londres : « par la note collective du 31 mars, la
Porte fut mise en demeure d’exécuter les réformes demandées,
de ramener son armée sur le pied de paix ; elle était
avertie que les puissances veilleraient avec soin, par leurs
ambassadeurs à Constantinople, sur la façon dont ses promesses
seraient tenues ; enfin, si le malaise dont souffrait
l’Orient se prolongeait, les gouvernements européens se
réservaient d’aviser en commun aux moyens qu’ils jugeraient
les plus propres à assurer le bien-être des populations
chrétiennes et les intérêts de la paix générale. »
La Russie eut peur que la Porte ne cédât. Elle ajouta à
la note collective une sommation particulière : « Si la Porte
accepte les conseils de l’Europe et les termes du protocole
de Londres, qu’elle envoie un ambassadeur spécial à Saint-Pétersbourg
pour traiter du désarmement. »
Le gouvernement ottoman soumit ces exigences hautaines
à la Chambre des Députés, réunie selon la constitution.
Elle se prononça naturellement pour un rejet pur et
simple. Alors, dans un langage très fier, il déclara que le
vote de la représentation nationale lui marquait son devoir ;
« Nous exécuterons les réformes promises sans acception de
provinces, de croyances ou de classes ; nous désarmerons
si la Russie désarme; mais nous protestons contre la tutelle
humiliante que l’Europe voudrait étendre sur nous, contrairement
au traité de Paris, et au mépris du droit des gens »,
9 avril.
Le 16 avril, le gouvernement russe signait avec la Roumanie
une convention militaire, par laquelle, moyennant
le libre passage de ses troupes, il lui promettait la reconnaissance
de son indépendance complète. Le 24, le tsar
donnait l’ordre à son armée de franchir la frontière ottomane,
« pour obtenir par la force ce que les efforts unanimes
des puissances n’avaient pas réussi à obtenir par la
persuasion ».
L’Angleterre tenta bien encore d’arrêter la Russie. Elle
lui refusa le droit d’agir au nom de l’Europe, lui reprocha
d’avoir rendu la paix impossible par ses armements et ses
violences de langage, la déclara exclue du concert européen,
renforça ses garnisons de Gibraltar et de Malte, ses
escadres de l’Archipel. Mais, impuissante à rien empêcher,
elle se contenta ensuite de demander au tsar le respect des