Full text: La question d'Orient depuis ses origines jusqu' à nos jours

LA GUERRE. 
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las, occuperait fortement la ligne de la J antra, pour obser 
ver les mouvements des Turcs et conserver les communi 
cations avec le Danube et la Roumanie. 
Gourko quitte Biéla le 3 juillet, marche sur Tirnova : la 
garnison turque de cette ville se retire à l’est, vers Osman- 
bazar et Choumla. Maîtres de Tirnova le 7, les Russes pénè 
trent dans la montagne. Les routes sont mauvaises, les 
cols très difficiles aux chevaux; les canons, les caissons 
sont, pour ainsi dire, portés sur les épaules des soldats. 
Gourko évite la passe de Ghipka, qui doit être la mieux 
gardée ; il prend, un peu à l’est, l’étroit défilé d’Haïnkœi : 
il n’y rencontre point d’ennemis, entre le 13 juillet dans 
Kazanlik sur la Toundja, prend à revers par le sud le col 
de Ghipka. La garnison ottomane a le temps de fuir ; mais 
Gourko opère sa jonction avec le reste de sa petite armée : 
il tient deux des principaux défilés de la montagne ; la 
Roumélie est ouverte. Ses éclaireurs courent le long de la 
Toundja, jusqu’à la Maritza, jusqu’au chemin de fer de 
Yamboli, — 20 juillet. Allait-il donc enlever Andrinople 
avec sa cavalerie, pousser jusqu’à Constantinople ? 
Il se heurta quelques jours après à des forces considéra 
bles, à toute une nouvelle armée turque qui surgit tout à 
coup en avant d’Andrinople. C’était celle de Suleïman- 
pacîia. Elle était le 11 juillet encore dans le Monténégro ; 
elle s’était embarquée le 16 à Antivari, elle avait débarqué 
le 19 à Dédé-agatch, et, par la voie ferrée, se trouvait con 
centrée, par un vrai chef-d’œuvre de rapidité et de précision, 
entre Karabunar et Tirnova. Sa droite, par-dessus les 
Balkans, à travers le défilé de Demir-Kapou, rejoignait 
l’aile gauche de la principale armée turque du quadrilatère. 
Elle esquissa bientôt un mouvement offensif, refoula les 
cavaliers de Gourko en leur infligeant des pertes impor 
tantes, les obligea à repasser le col d’Haïnkœi, réoccupa 
Kazanlik. Les Russes ne purent tenir qu’à l’entrée septen 
trionale du col de Ghipka, où ils élevèrent des retranche 
ments solides que garda le général Radetzki. 
D’autres évènements d’ailleurs obligeaient les Russes à la 
prudence et brisaient leur offensive trop hâtive. Le vieil 
Achmet-Eyub-pacha avait été remplacé à la tête des Turcs 
du quadrilatère par Méhémet-Ali. Celui-ci, d’origine fran 
çaise, descendant de protestants jadis émigrés en Allema 
gne, s’appelait, de son nom de chrétien, Charles Détroit, 
était fils d’un musicien de Magdebourg ; engagé dans l’ar-
	        
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