Full text : La question d'Orient depuis ses origines jusqu' à nos jours

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LA  GUERRE  DES  BALKANS.

de  l’Inde.  L’Âutriche-Hongrie  mobilisait  aussi  les  corps
d’armée  de  sa  frontière  méridionale;  elle  demandait  la
réunion  d’une  conférence  européenne.  Quant  à  Bismarck
il  déclarait  solennellement  au  Reichstag  qu’il  ne  chercherait ­
  qu’à  garantir  la  paix,  qu’à  maintenir  notamment  le  bon
accord  entre  l’Autriche  et  la  Russie,  qu’il  ne  voulait  être
qu’un  «  honnête  courtier  »  entre  les  parties  contractantes,
que  l'Allemagne  ne  prétendait  à  aucun  bénéfice  particulier.
Le  prince  Gortcbakof,  qui  n’avait  aucune  raison  de  se
défier  de  l’Allemagne,  qui  au  contraire  faisait  fond  sur  ses
protestations  amicales,  accepta  la  réunion  d’un  congrès  à
Berlin.
IV.  —  Le  traité  de  Berlin  et  son  exécution  (1878-1887).
La  convention  d’Andrinople  fut  précisée  le  3  mars  suivant ­
  par  le  traité  de  San  Stefano,  beaucoup  plus  clair  ;  il
était  l’impitoyable  consécration  de  la  victoire  de  la  Russie.
Il  aurait  été  «  la  fin  de  la  Turquie  »,  s’il  avait  été  intégralement ­
  exécuté.  Le  sultan  paierait  une  indemnité  de  guerre
de  cinq  milliards  et  demi  de  francs,  ou,  s’il  ne  le  pouvait,
céderait  à  la  Russie,  en  Asie  Batoum,  Ardahan,  Kars,
Bayazid,  en  Europe  la  Dobroudja,  que  le  tsar  donnerait  à  la
Roumanie  en  échange  de  la  Bessarabie,  ce  qui  porterait  la
frontière  russe  au  Danube.  La  Roumanie,  la  Serbie  et  le
Monténégro  seraient  indépendants,  la  Serbie  agrandie  des
districts  de  Nisch  et  Mitrovitza,  le  Monténégro  agrandi  de
quelques  territoires  bosniaques  et  de  deux  ports  sur  l’Adriatique, ­
  Antivari  et  DulcignoL  La  Bosnie  et  l’Herzégovine
seraient  dotées  d’institutions  libérales,  sous  le  contrôle  de
l’Autriche-Hongrie  et  de  la  Russie.
Et  surtout  il  serait  constitué  une  principauté  autonome
de  Bulgarie,  s’étendant  du  Danube  à  l’Archipel,  et  comprenant ­
  les  provinces  de  Bulgarie  proprement  dite,  de  Roumélie
  et  de  Macédoine,  en  sorte  que  la  Turquie  d’Europe
serait  coupée  en  deux  tronçons,  le  pays  d'Andrinople  et  de
Constantinople  à  l’est,  l’Albanie  à  l’ouest.  Cette  Bulgarie
aurait  un  prince  élu,  une  assemblée  élue  qui  élaborerait  sa
constitution  sous  la  surveillance  d’un  commissaire  russe
chargé  de  pleins  pouvoirs  pendant  deux  ans  et  assisté  d’un
corps  d’occupation  de  50.000  Russes.
1.  Cf.  Atlas  historique  Schrader,  carte  51.
            
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