Full text: La question d'Orient depuis ses origines jusqu' à nos jours

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LÀ GUERRE DES BALKANS. 
peut-être relevé ; mais il craignait l’intervention armée de 
l’Autriche, et ne se jugeait pas de force à lutter contre ces 
deux ennemies. Il demanda à l’Allemagne de retenir l’Au 
triche, comme il l’avait lui-même retenue en 1870. Il réclama 
le paiement du service alors rendu. 
Bismarck répondit que l’Allemagne avait besoin de toutes 
ses forces pour surveiller la France, et qu'il lui était impos 
sible d’en distraire une partie pour agir sur l'Autriche. En 
réalité, il lui convenait que l’Autriche se développât dans la 
péninsule des Balkans et s’y rencontrât avec la Russie, dans 
l’intérêt de la sécurité de la Prusse en Allemagne. Dès lors, 
le gouvernement russe était dans l’impossibilité absolue de 
relever les provocations qui lui étaient adressées ; il lui 
fallut passer sous les Fourches Caudines du Congrès de 
Berlin ; « C’est là proprement la grande trahison que la 
Russie n’a pas pardonnée et ne pardonnera sans doute pas 
de longtemps à l’Allemagne 
Le congrès se réunit à Berlin le 13 juin, sous la prési 
dence du prince de Bismarck. L’Allemagne y fut repré 
sentée, avec lui, par le baron de Werther et le prince de 
Hohenlohe ; l’Autriche-Hongrie par le comte Andrassy, le 
comte de Karolyi et le baron de Haymerlé ; la France par 
MM. Waddington, de Saint-Vallier et Desprez ; l’Angleterre 
par lord Beaconsfield, lord Salisbury et lord Odo Russell ; 
l’Italie par le comte Corti et le comte de Launay ; la Russie 
par le prince Gortchakof, le comte Schouvalof et le baron 
d’Oubril ; la Turquie enfin par Karathéodory-pacha, Sadoul- 
lah-bey et Méhémet-Ali-pacha. Les traités définitifs qui 
furent signés un mois après, le 13 juillet, apportèrent, mal 
gré les etl'orts des plénipotentiaires russes, de considérables 
modifications au traité de San Stefano. Ils eurent poui 
caractère essentiel de garantir en Orient l’équilibre que la 
Russie voulait rompre à son profit. Ils n’en furent pas beau 
coup plus favorables à la Turquie et accentuèrent, autour 
de ses dépouilles, l’antagonisme des puissances rivales. 
La Russie ne garda que la Bessarabie, jusqu’à la bouche 
septentrionale du Danube,et en Asie, Batoum et Kars; elle 
obtint pour la Perse la cession du district de Khotour, à 
l’est du lac de Van. 
Pour assurer le calme aux provinces de Bosnie et d’Her- 
1. Debidour, Histoire diplomatique de VEurope, II, 517. Paris„ 
F. Alcan.
	        
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