Full text : La question d'Orient depuis ses origines jusqu' à nos jours

LE  TRAITÉ  DE  BERLIN.

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mauvaise  volonté,  qui  ne  fut  que  la  volonté  de  se  défendre,
prépara  aux  diplomates  d’autres  difficultés.
Le  traité  de  Berlin  lui-même  ne  s’exécuta  pas  sans  obstacles. ­
  Le  prince  Charles  de  Roumanie  prit  le  titre  de  roi  en
1881.  Le  prince  Milan  en  fit  autant  en  Serbie  en  1882,  et
tous  deux  furent  dès  lors  complètement  indépendants,  en
titre  comme  en  fait.
Les  Bosniaques  accueillirent  mal  l’occupation  autrichienne. ­
  Encouragés  par  le  tsar,  ils  y  opposèrent  une  assez
longue  résistance.  La  cour  de  Vienne  resserra  son  entente
avec  l’Allemagne,  qui  lui  facilita  la  prise  de  possession  de
Novi-Bazar,  après  celle  de  la  Bosnie  (septembre  1879).  A
l’entrevue  de  Gastein,  le  mois  précédent,  les  deux  chanceliers ­
  Bismarck  et  Andrassy  contractèrent  une  alliance  formelle ­
  pour  assurer  le  respect  des  traités  existants,  c’est-àdire
  des  traités  de  Franc‘‘ort  et  de  Berlin.  On  peut  supposer
que  le  tsar  n’aurait  pas  hésité  alors  à  rompre  avec  l’Allemagne ­
  s’il  n’avait  redouté  les  progrès  du  parti  révolutionnaire ­
  ;  le  nihilisme  était  à  ce  moment  en  lutte  ouverte
avec  le  gouvernement  russe,  et  Alexandre  II  lui-même
allait  tomber  sous  ses  coups,  le  l®*'  mars  1881.
Le  Monténégro  n’occupa  qu’à  grand’peine  les  territoires
que  lui  attribuait  le  traité  de  Berlin.  Les  populations  turques ­
  du  voisinage,  la  «  ligue  albanaise  »  encouragée  déloyalement ­
  par  le  sultan,  prirent  les  armes,  et  il  fallut  une
démonstration  navale  des  grandes  puissances  pour  que  le
prince  Nicolas  pût  mettre  garnison  à  Antivari  et  Dulcigno
(1880).
La  Porte  mit  encore  beaucoup  de  mauvaise  volonté  à
céder  l’Épire  et  la  Thessalie  à  la  Grèce,  selon  les  conventions ­
  de  Berlin.  Les  puissances  durent  imposer  leur  médiation: ­
  la  Turquie  refusa  d’abandonner  Janina.  La  frontière
nouvelle  fut  fixée,  par  le  traité  du  22  mai  1881,  à  l’Arta
d’une  part,  et  d’autre  part  à  une  ligne  courant  le  long  des
monts  Voïoutza  jusqu’au  sud  de  l’Olympe.  Les  Grecs  réservèrent ­
  d’autres  prétentions  pour  l’avenir.
Les  Bulgares  ne  tardèrent  pas  à  violer,  purement  et  simplement, ­
  le  traité  de  Berlin.  Leur  nationalité,  à  peine  née,
se  révéla  aussitôt  très  forte  et  très  fière  de  son  indépendance. ­
  La  constitution  de  1879,  votée  par  une  assemblée
ôlue,  sous  l’influence  du  gouverneur  provisoire  russe,  établit
un  ministère  responsable,  et  une  Assemblée  nationale,  ou
            
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