Full text : La question d'Orient depuis ses origines jusqu' à nos jours

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LA  DEUXIÈME  GUERRE  DES  RALKANS  (1912-1913).

nexion  de  ce  pays.  Elle  s’entendit  assez  aisément  à  ce  sujet
avec  le  gouvernement  ottoman  en  lui  rendant  le  sandjak
de  Novi-Bazar.  Mais  elle  excita  ainsi  en  Serbie  une  extrême
irritation,  la  Serbie  n’ayant  jamais  cessé  de  porter  ses  espérances ­
  vers  la  Bosnie.  La  Russie  parut  un  moment  soutenir
la  Serbie  ;  l’Allemagne  agit  vigoureusement  en  faveur  de
l’Autriche,  qui  garda  la  Bosnie-Herzégovine.  Elle  accentuait
ainsi  sa  poussée  sur  Salonique  :  c’était  pour  elle  un  gros
succès.
11  semble  qu’elle  avait  aussi  en  cette  aventure  partie  liée
avec  le  prince  de  Bulgarie  ;  il  y  a  toujours  eu  de  bons
rapports  entre  Vienne  et  Sofia  ;  il  ne  faut  pas  oublier  que
le  prince  Ferdinand  est  un  ancien  officier  autrichien.  En
même  temps  que  l’Autriche  annexait  la  Bosnie,  il  se  proclama, ­
  sans  plus  de  scrupules,  tsar  des  Bulgares,  et  non
pas  seulement  de  Bulgarie,  affichant  audacieusement  la
prétention  de  réunir  un  jour  tous  les  Bulgares  sous  son
sceptre.  La  Porte  dut  encore  enregistrer  ce  démembrement
de  son  ancienne  souveraineté.
Le  nouveau  gouvernement  ottoman  se  trouva  naturellement ­
  atteint  dans  son  prestige  par  ces  événements.  Le  sultan ­
  Abd-ul-Hamid  reprit  par  suite  de  l’autorité  ;  il  essaya
de  ressaisir  tout  son  ancien  pouvoir  par  une  contre-révolution, ­
  avril  1909.  11  échoua,  et  les  Jeunes-Turcs,  pour
assurer  leur  avenir,  le  déposèrent  et  le  remplacèrent  par
Méhémet  V,  plus  docile  ;  mais  cela  ne  leur  rendit  ni  la
Roumélie,  ni  la  Bosnie.
L’empire  ottoman  demeura  profondément  ébranlé  par
les  ambitions  de  ses  voisins  et  ses  propres  querelles  ;  d’autre
part,  les  velléités  de  relèvement  que  manifestaient  les
Jeunes-Turcs  étaient  pour  exciter  les  convoitises  de  ses
ennemis  :  ainsi  jadis  Nicolas  1"  s’était  jeté  sur  la  Turquie
quand  il  l’avait  vue  tenter  de  se  réformer  ;  en  sorte  que  les
excellentes  intentions  des  Jeunes-Turcs  risquaient  de  porter
préjudice  à  l’Empire  autant  que  le  despotisme  d’Abd-ul-Hamid.

Bientôt  après,  l'affaire  du  Maroc  marqua  un  nouveau
progrès  de  la  France  en  pays  musulman,  une  suite  de  cette
longue  réaction  chrétienne  contre  l’Islam  que  nous  suivons
depuis  le  commencement  de  cette  histoire  et  qui  en  est  le
propre  caractère,  une  application  de  cette  profonde  loi  historique ­
  qui  donne  une  pénétrante  impression  de  fatalisme.  On
            
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