Full text : La question d'Orient depuis ses origines jusqu' à nos jours

286  EN  EUROPE.  —  ARMÉNIE.  —  CRÈTE.  —  MACÉDOINE.
Il  y  a  peu  d’événements  dans  l’histoire  qui  aient  jamais
soulevé  dans  le  monde  entier  une  pareille  émotion.
Pourtant  la  Turquie  d’Europe  ne  s'écroula  pas  encore,
comme  on  avait  pu  le  croire  un  moment.  Les  officiers  de
la  mission  allemande  à  Constantinople  relevaient  le  courage
des  Turcs,  d’ailleurs  admirables  de  fermeté  dans  ces  terribles ­
  épreuves,  aidèrent  à  l’organisation  de  la  résistance.
Les  lignes  de  Tchataldja,  en  avant  de  Constantinople,  furent
hérissées  de  canons,  formidablement  renforcées.  L’attaque
des  Bulgares  s’y  brisa.  Le  choléra  se  mit  dans  les  armées
en  présence,  immobilisa  les  belligérants.  Surtout  «  l’Europe ­
  »  s’était  émue  de  la  gravité  de  ces  événements  ;  elle
n’eût  pas  vu  d’un  regard  indifférent  l’entrée  des  Bulgares
à  Constantinople.  L’Autriche  était  inquiète  de  l’établissement ­
  des  Serbes  sur  la  mer  Adriatique,  déclarait  qu’elle  ne
permettrait  pas  qu’il  durât.  Les  événements  des  Balkans
avaient  sur  les  population  slaves  de  la  monarchie  austrohongroise
  les  répercussions  les  plus  profondes  et  les  plus
redoutables  pour  elle.  L’Autriche  mobilisa  la  plus  grande
partie  de  ses  forces  militaires,  menaçant  d’intervenir  en
Serbie,  occupée  surtout  de  maintenir  ses  nationalités  slaves
dans  le  devoir.
Tout  cela  compliquait  le  problème  balkanique  et  arrêta
les  hostilités.  Un  armistice  fut  conclu  le  3  décembre  1912
entre  les  alliés  et  la  Porte.  Des  conférences  pour  la  paix
s’ouvrirent  à  Londres  le  13  décembre,  pendant  que  les  ambassadeurs ­
  des  grandes  puissances  en  Angleterre  se  réunissaient ­
  en  une  conférence  pour  aider  à  la  solution  des
questions  posées.  Pourtant  ces  premiers  efforts  de  paix
n’aboutirent  pas.  Les  alliés  balkaniques  exigeaient  qu’on
leur  livrât  Andrinople,  Scutari,  Janina,  qu’ils  n’avaient  pas
prises.  Les  Turcs  s’y  refusaient.  Les  pourparlers  furent
rompus  le  6  janvier  1913  ;  un  nouveau  gouvernement  turc,
formé  des  éléments  les  plus  énergiques  du  parti  jeune-turc,
s’empara  du  pouvoir  le  23  janvier.
Les  hostilités  recommencèrent.  Mais  elles  n’eurent  pas
l’activité  des  premières  semaines.  Les  belligérants  étaient
fatigués,  à  court  d’argent.  Les  Bulgares  tentèrent  quelques
opérations  sur  Gallipoli,  sur  Tchataldja,  sans  beaucoup
d’avantages.  Cependant  il  y  eut  quelques  résultats.  Les
Grecs  enlevèrent  Janina  le  3  mars.  Le  18  mars,  le  roi
Georges  fut  assassiné  à  Salonique;  son  fils  aîné  lui  succéda
            
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