Full text: La question d'Orient depuis ses origines jusqu' à nos jours

287 
LA DEUXIÈME GUERRE DES BALKANS (1912-1913). 
SOUS le nom de Constantin XII. Le 26 mars, Andrinople 
succomba, après un violent assaut, auquel prirent part 
ensemble les Bulgares et les Serbes. Le 23 avril, un der 
nier coup de théâtre : le défenseur turc de Scutari, Essad- 
pacha, traite avec le roi de Monténégro, lui livre la place, 
se proclame un moment roi d’Albanie. L’Autriche, furieuse 
de ce qu’elle appelait une comédie, faillit entrer en cam 
pagne. Les puissances purent la contenir; mais le Monté 
négro dut consentir à abandonner Scutari et à la remettre 
à une occupation internationale. 
La conférence des ambassadeurs de Londres, en présence 
de la gravité exceptionnelle de la situation, redoubla d’ac 
tivité ; le 30 mai, elle amena tous les belligérants à signer 
les préliminaires de Londres. 
La Turquie d’Europe disparaissait presque entièrement. 
Les Turcs perdaient Andrinople, ne gardaient que Cons 
tantinople, et les détroits du Bosphore et des Dardanelles, 
avec une étroite côte au nord de la mer de Marmara, à 
peine de quoi s’y défendre. — L’Autriche obtenait quelque 
satisfaction, barrait aux Serbes la route de l’Adriatique par 
la constitution d’une Albanie autonome, sur laquelle elle 
se réservait sans doute une espèce de protectorat. Le gou 
vernement italien était d’accord avec elle pour rejeter la 
Serbie à l’intérieur de la péninsule balkanique ; cependant 
il était entendu que la Serbie aurait un débouché com 
mercial sur l’Adriatique. — Enfin les îles de la côte d’Asie 
Mineure (le Dodécanèse) étaient prises sous la haute auto 
rité des grandes puissances qui en régleraient ensuite les 
destinées. 
Restait à partager le butin conquis par les alliés. L’al 
liance n’y résista pas. 
Ceux qui connaissaient bien la situation politique de la 
péninsule des Balkans n’ont pas été surpris de la fragilité 
et de la dissolution de cette alliance. Elle n’était pas plus 
viable que la confédération italienne rêvée par Napoléon III 
au lendemain de Solférino et où il pensait accorder les 
Bourbons de Naples, les Habsbourg de Toscane ou de Ve 
nise, la maison de Savoie et la papauté. Il y a les mêmes 
divergences d’intérêts entre les États balkaniques, la même 
rivalité d’influence. En somme, en dehors du Monténégro, 
les trois puissances balkaniques, Bulgarie, Serbie, Grèce,
	        
Waiting...

Note to user

Dear user,

In response to current developments in the web technology used by the Goobi viewer, the software no longer supports your browser.

Please use one of the following browsers to display this page correctly.

Thank you.