Full text : La question d'Orient depuis ses origines jusqu' à nos jours

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EN  ASIE.  —  ANGLAIS  ET  RUSSES.

ritoire  d’Alaska  aux  Etats-Unis.  La  frontière  de  l’empire
des  tsars  n’a  pas  été  modifiée  depuis  dans  ces  régions.
Mais,  par-dessus  la  frontière,  l’influence  de  la  Russie  n’a
pas  cessé  de  peser  de  plus  en  plus  sur  la  Chine  et  l’Asie
orientale.
Ailleurs  encore  elle  a  essayé  de  pénétrer  dans  le  Turkestan ­
  chinois,  dans  les  vallées  qui  s’ouvrent  vers  la  Dzoungarie
  et  le  bassin  du  Tarim,  de  part  et  d’autre  des  monts
Thian-Chan,  pour  tracer  une  nouvelle  route  sur  Péking.
Après  18ü0,  après  l’expédition  franco-anglaise  qui  aboutit
à  la  victoire  de  Palikao  et  à  la  prise  de  Péking,  à  la  faveur
de  la  formidable  insurrection  des  Taïpings  dans  la  vallée
du  Yang-tse-Kiang,  les  provinces  chinoises  de  la  frontière
occidentale  se  soulevèrent  aussi.  La  Kachgarie,  ou  vallée
supérieure  du  Tarim,  se  déclara  indépendante  sous  le  khan
Mohammed-Yakoub.  11  entretint  aussitôt  d’amicales  relations ­
  avec  la  Russie.  Les  Anglais  fui  envoyèrent  aussi  une
ambassade  conduite  par  M.  Forsyth,  et  les  deux  influences
rivales  se  préparèrent  à  se  disputer  ce  terrain.  Mais,  après
la  mort  de  Yakoub,  les  Chinois  furent  assez  forts  pour  rétablir ­
  leur  autorité  à  Kachgar  (1877).
Dans  le  même  temps,  Kouldja,  c’est-à-dire  la  vallée  de
l’Ili,  qui  coule  à  l’ouest  et  se  jette  dans  le  lac  Balkasch,  se
révolta  aussi  contre  la  Chine  (18ü5),  puis  se  donna  à  la  Russie ­
  (1871).  Les  Chinois  protestèrent;  les  Russes  rendirent
Kouldja,  mais  gardèrent  la  partie  occidentale  de  la  province.
Ils  se  trouvèrent  maîtres  de  la  plus  grande  partie  du  bassin
de  rili,  et  disposèrent  ainsi  d’une  nouvelle  ligne  de  pénétration ­
  en  Chine.
Leur  action  fut  surtout  continue  et  fructueuse  dans  le
bassin  de  la  mer  d’Aral,  dans  la  direction  du  plateau  de
l’Iran.  En  vingt  ans,  le  long  des  Thian-Chan,  par-dessus  le
Syr-Daria,  ils  arrivèrent  à  la  frontière  de  l’Afghanistan,  à
la  base  même  des  montagnes,  par  la  conquête  des  khanats
de  Boukhara  et  de  Khiva.  En  1852,  le  général  Perovski  continua ­
  la  construction  des  forts  qui  devaient  assurer  la  ligne
du  Syr-Daria.  11  battit  les  troupes  du  khan  de  Khokand,
leur  prit  la  forteresse  d’Ak-Medjedi,  en  compléta  les  retranchements ­
  et  lui  donna  son  nom.
Le  plus  illustre  héros  de  la  conquête  du  Syr-Daria  fut  le
colonel  Tchernaïef.  Ses  exploits  rappellent  les  gestes  légendaires ­
  des  chevaliers  de  la  «  Bannière  bleue  »,  aux  temps
du  Gengis-khan  et  de  Tamerlan.  En  18ô4,  il  enleva  Aoulié-
            
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