Full text : La question d'Orient depuis ses origines jusqu' à nos jours

L’ßrilIOPIE  ET  LES  ITALIENS.

357

Ces  échecs  les  amenèrent  à  resserrer  leurs  rapports  avec
Ménélik,  dont  ils  excitèrent  les  mauvaises  dispositions  contre
le  négus.  La  mort  de  Johannes  leur  parut  très  avantageuse
à  leurs  intérêts  ;  ils  continuèrent  les  hostilités  contre  son
fils,  le  ras  Mangascia,  pour  le  plus  grand  profit  de  Ménélik,
qu’ils  engagèrent  à  prendre  le  titre  de  négus.  Celui-ci  signa
avec  eux,  le  22  mai  1889,  le  traité  d’Ucciali  *.
Cet  acte  reconnaissait  Ménélik  comme  roi  des  rois  d’Éthiopie, ­
  proclamait  une  paix  perpétuelle  et  une  amitié
constante  entre  l’Éthiopie  et  l  ltalie,  donnait  à  la  colonie
italienne  la  limite  du  March  et  de  la  Belesa,  à  la  frontière
nord  du  Tigré,  assurait  aux  deux  pays  des  avantages  commerciaux ­
  réciproques.  Par  l’article  17,  le  roi  des  rois  d’Éthiopie ­
  consentait  à  se  servir  du  gouvernement  de  S.  M.  le
roi  d’Italie  pour  traiter  toutes  les  aiTaires  qu’il  pourrait
avoir  avec  les  autres  puissances  et  gouvernements.  Cette
formule  paraissait  établir  le  protectorat  ikilien  sur  l’Éthiopie. ­
  Ménélik  la  laissa  passer  :  elle  était  conçue  en  termes
sujets  à  discussion,  et  il  avait  besoin  du  concours  de  l’Italie
contre  le  ras  Mangascia  ;  il  eût  eu  beaucoup  à  craindre
d’une  alliance  entre  elle  et  son  rival.
Cet  accord  fut  complété  par  la  mission  du  ras  Makonnen,
cousin  de  Ménélik,  envoyée  en  Italie  pour  y  obtenir  la  ratification ­
  du  traité.  Elle  fut  reçue  avec  un  très  grand  cérémonial, ­
  fêtes,  revues  militaires,  et  aboutit  à  la  signature  d’une
convention  complémentaire,  par  laquelle  Ménélik  devait
faire  frapper  ses  monnaies  en  Italie,  contractait  un  emprunt
de  quatre  millions  dans  une  banque  italienne  sous  la  garantie ­
  du  gouvernement  royal.  C’était  la  consécration  formelle ­
  du  protectorat  italien  sur  l’Éthiopie.  Leroi  d’Italie  lit.
frapper  une  monnaie  éthiopienne  avec  sa  propre  effigie,  et
sur  la  tranche,  à  la  place  des  trois  Fert  traditionnels  cette
légende  ;  l’Italie  protège  VÉthiopie.  Le  11  octobre,  il  notifia ­
  aux  puissances  l’article  17  du  traité  d’Ucciali,  en  le  présentant ­
  comme  l’affirmation  de  son  protectorat  sur  l’Éthiopie. ­
  Toutes,  sauf  la  Russie,  lui  donnèrent  acte  de  cette  notification. ­

Dès  lors  les  Italiens  pensèrent  tirer  sans  peine  les  conséquences ­
  de  ces  actes  consentis  par  Ménélik  dans  le  plein
exercice  de  son  indépendance.  Le  ras  Mangascia,  leur  en-1.
  Voir  le  texte  dans  C.  de  la  Jonquiére,  Les  Italiens  en  Érythrée,
p.  108-111.
            
Waiting...

Note to user

Dear user,

In response to current developments in the web technology used by the Goobi viewer, the software no longer supports your browser.

Please use one of the following browsers to display this page correctly.

Thank you.